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journal n692 - 30/05/2013
Une couronne royale pour la Madone d'Utelle
Superbe pice de joaillerie entoure de vertus miraculeuses.

En janvier 1983, un premier bail est signé au sanctuaire de la Madone d’Utelle, endommagé par la guerre, par Gil Florini, qui n'était alors que séminariste, avec le maire Gérard Bongioanni et le curé Léon Issautier. Restauré et embelli, le refuge-hôtellerie a été reconstruit et le nombre des pélerins est passé de moins de 5.000 à plus de 20.000 par an aujourd’hui.
2013 sera l’année d’un double anniversaire : les 30 ans d'exercice de Gil Florini, et les 75 ans du couronnement de la Vierge. Et là, l’histoire du sanctuaire croise celle d’un évêque qui aura marqué son diocèse, Mgr Rémond, personnalité trempée qui, dès 1933, s’élève contre les persécutions antisémites. S’il se rallie, comme la majorité de l’Eglise, au Maréchal en 1940, il deviendra l’un des Justes qui protégèrent les juifs, particulièrement les enfants, au sein d’un véritable réseau.

 

C’était aussi un pasteur, qui dynamisa la pratique religieuse dans son diocèse en soutenant particulièrement le culte marial et les pèlerinages. C’est dans cette dynamique que se situe le développement du sanctuaire d’Utelle, avec un projet de train à crémaillère qui devait monter depuis la plaine du Var, la création de l’hôtellerie et la décision de couronnement de la Vierge, affirmation de la royauté du divin face aux vanités du pouvoir politique. La superbe pièce d’orfèvrerie née du talent d’un joaillier niçois, Louis Bonfante, fut payée par le don de bijoux des paroissiens, majoritairement des femmes. Est-ce la charge d’amour de ces dons, authentiques actes de foi, qui irradia cette étonnante couronne véritablement royale dans une dimension masculine au regard des diadèmes habituels ? Toujours est-il que l’aura des miracles accompagna rapidement la couronne apportant particulièrement ses bénédictions aux femmes et aux enfants (voir notre vidéo).

 

Elle fut posée sur la tête de la Madone par le nonce apostolique le 27 juin 1938, en présence de 30.000 personnes ayant grimpé une route peu praticable. Un peu ternie, ayant perdu l’une de ses étoiles, la pièce méritait restauration. Les pierres d’origine étaient-elles encore en place, ou avaient-elles été remplacées au cours d’années de guerre et de confusion ? Plusieurs joailliers se récusèrent. Aram Petrossian accepta, authentifia les pierres et, 300 heures de travail plus tard, la couronne dans toute sa splendeur a pu être présentée à la presse, aux autorités et aux fidèles de Saint-Pierre d’Arène à Nice, pendant une courte heure, par un père Florini rayonnant, à la foi toujours aussi allègre. Elle couronnera la Madone lors du prochain pèlerinage à Utelle le 8 septembre. Entretemps, elle regagne un refuge discret.
Liliane Tiberi