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journal n665 - 15/11/2012
Theralpha, les peptides d'or de Sophia
Les biotechnologies se portent bien sur la technopole. Et certains partenariats s'annoncent fructueux, en particulier dans leurs applications mdicamenteuses.

Cobra, mygale, mamba noir, anémone de mer : tous sont porteurs potentiels de molécules aux vertus analgésiques. De leurs respectifs peptides (acides aminés), le professeur Lazdunski a tiré la substantifique moelle, mettant au point des composés qui pourraient, à terme, remplacer la morphine ou d'autres traitements anti-douleur aux effects secondaires indésirables.

Si la découverte en elle-même n'est pas nouvelle (Michel Lazdunski a reçu, pour ses travaux, la médaille d'or du CNRS en 2000...), si les brevets s'enchaînent, il reste difficile d'en arriver au stade de la commercialisation : l'objectif de Theralpha, startup sophipolitaine qui combine recherche, essais, respect des nomenclatures et accès aux financements, pilotée par David Dellamonica et impulsée par Marc Vasseur, averti virologue et salvateur "serial entrepreneur".

Les vertus d'une approche tricéphale, où chacun tient son rôle pour accélérer le processus. Un collectif qui pourrait faire la différence : une levée de fonds de 4M€ est en cours pour continuer le développement clinique de ces prometteurs composés (tests de toxicité chez l'humain sain, puis sur les patients). Et Theralpha compte sur de prestigieuses collaborations pour amorcer un premier développement : un partenariat avec Flamel Technologies (Clermont-Ferrand) est d'ores et déjà entériné. Car lancer un nouveau médicament coûte cher : entre 500M€ et un milliard d'euros.


Difficile dès lors de partir isolés, même avec des brevets en poche. "Pour cette raison, nous n'avons pas encore choisi notre produit-phare, et nous préférons développer nos quatre composés en parallèle, pour mettre toutes les chances de réussite (rapide) de notre côté", précise David Dellamonica, qui admet pourtant une petite avance sur l'application anti-arthrose, issue de l'anémone de mer.

Theralpha a une autre vertu curative : "Sophia ? The place to be pour nous, où nous sommes solidement appuyés par les équipes du CNRS, un CHU de Nie en pointe sur le traitement de la douleur, du personnel compétent. Manque peut-être un incubateur dédié aux biotechnologies, pour être encore plus performants." Avis à nos décideurs...

 

 

 

Isabelle Auzias