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journal n°657 - 17/09/2012
La mécanique des transports fluides
A Sophia, Telecom Valley prend le taureau par les cornes : pour faire avancer l’activité, il s’agit déjà d’accélérer… sur les routes.

Une mission, deux pilotes: Marc Barret (INRIA) et Georges Gallais (société Vu Log) avaient convié les adhérents de l’association sophipolitaine à la première commission Transport. Leur feuille de route: fluidifier, grâce aux usages et aux nouvelles technologies, le flux souvent ralenti des salariés du site. C’est qu’à Sophia, le problème est récurrent, et que l’engorgement est tout proche. Du coup, nos volontaires appellent de leurs vœux une certaine synchronisation. Synchronisation des données d’abord, pour pouvoir les utiliser à bon escient, dans les règles de l’art mathématique : étudier, analyser, pour mieux projeter, pour modéliser, mieux prévoir, et s’organiser en conséquence. Les pistes sont nombreuses, dès ce premier brainstorming où l’on veut jouer collectif pour passer à la vitesse supérieure : applications smartphones, co-voiturage, limitations flottantes suivant l’état du réseau routier, horaires décalés… «Notre premier boulot, c’est d’identifier les acteurs et les autorités qui peuvent nous fournir les informations nécessaires. Et pour ce faire, il faut d’abord leur dire pourquoi : donc, s’engager dans un projet cohérent et explicite. C’est ce que nous avons fait sur Grenoble, quand j’y travaillais encore», explique Marc Barret. «Nous avons mis tout le monde autour de la table, et ensemble, nous avons trouvé la bonne idée : réguler les entrées de la rocade locale pour éviter les embouteillages. Un modèle rendu possible grâce aux données récoltées et à un système de capteurs disposés tout au long des voies. Ici, à Sophia, nous devons trouver cette idée.»

 

Au CICA, les cerveaux bouillonnent: pour certains, il faudra aussi analyser les comportements humains, la science seule n’y pourra rien… Pour d’autres, cap sur les déplacements collectifs en priorité. «Nous manquons d’outils, mais nous avons les compétences pour améliorer la situation, et ainsi aider les collectivités locales sans se lancer pour autant dans de lourds investissements.»
Georges Gallais, lui, y croit : la science nous sauvera de l’immobilisme. S’il a quitté Sophia pour rejoindre la pépinière d’entreprises niçoise, c’est en partie à cause des trajets trop longs : «une heure et demie chaque matin pour venir de Grasse, bien sûr que cela a un coût, alors que l’on parle performance et attractivité. Combien de startups pourrions-nous épauler, rien qu’avec le surcoût de ces heures passées à essayer de rejoindre son bureau ? Il y a 30.000 actifs sur Sophia, il suffit de calculer suivant les taux horaires…»


Un travail collectif pour faire avancer... un collectif. «Nous serons plus crédibles à plusieurs. Et Telecom Valley est l’écrin idéal.» Cette première réunion n’aura pas fait émerger de solution miracle. Mais nos chercheurs et entrepreneurs, cette fois, roulent dans la même direction.



Isabelle Auzias