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journal n°660 - 11/10/2012
Des Jeunes Pousses bien arrosées
Une finale marquée par l'émotion, l'occasion de faire le bilan d'une décennie, et de se tourner vers l'avenir.

Donner aux étudiants le goût d'entreprendre: le credo d'Isabelle Attali, chercheuse à l'INRIA aujourd'hui disparue et fondatrice du Challenge Jeunes Pousses (CJP), à laquelle un vibrant hommage a été rendu lors de cette 10e finale. Un concours de projets de création d'entreprises innovantes, ouvert aux étudiants en master et en doctorat, qui est devenu au fil des ans une référence en région PACA. Une décennie s'achève, avec quelques projets, vainqueurs ou simples participants qui, de jeunes pousses, sont devenues belles plantes : Simply Sim, LudoTIC ou Indigen. Et un concours qui aborde l'avenir avec de solides perspectives, explique Sabrina Coccia, directrice de Telecom Valley : «nous allons introduire la notion de responsabilité sociétale des entreprises, en demandant par exemple aux concurrents d'intégrer des personnes handicapées, de mettre en place une gestion prévisionnelle de l'emploi des compétences, de s'ouvrir aux notions de développement durable et d'environnement, notamment avec les écotechnologies. Ils seront également jugés sur leur capacité à utiliser l'écosystème local : collaborer avec des entreprises du territoire, par exemple lorsqu'il s'agit d'électronique... Autre nouveauté : dès l'an prochain, chaque équipe devra compter un étudiant étranger, et la présentation de la finale aura lieu en anglais, ce qui nous permettra d'emmener les équipes vers des concours internationaux, comme le Intel Challenge ou le Atos Challenge, qui nous ont déjà contactés.»

 

Une finale ambitieuse, qui a rassemblé cette année des secteurs porteurs et variés : tourisme, service à la personne, santé publique et écologie.» Nathalie Cottat, chef de projet du CJP, est fière du travail accompli depuis la création du concours. Des équipes d'étudiants pluridisciplinaires, alliant les parties technique, commerciale et juridique, qui portent des projets, coachées tout au long du challenge par des professionnels compétents et investis. Les trois finalistes ont été départagés ce 5 octobre à Sophia, par un jury d'experts dans des domaines relatifs aux projets en lice. Et c'est finalement l'équipe NewSej qui a reçu des mains de Dominique-Claire Mallemanche, sous-préfète des Alpes-Maritimes, le prix Isabelle Attali, ainsi qu'un chèque de 3.000€ remis par Claude Giafferi, président d'Amadeus France.

 

 

lp_12octobre_moskitco_p3_300> Moskit&Co : tuer le moustique dans l'oeuf


Un constat : le moustique, ça agace. Et le moustique tigre, en plus, amène la dengue et le chikungunya. Une vraie menace pour la santé publique. D'où l'idée, portée par trois étudiants ingénieurs en électronique de Polytech Sophia épaulés par une future juriste de l'IUP, de concevoir un piège pour se débarrasser de l'inquiétant nuisible, en s'attaquant aux nouvelles pontes. Pas un simple piège comme il en existe tant, mais un système automatisé, avec une autonomie électrique, qui permet d'appâter et d'exterminer les oeufs. «Il n'y a pas de concurrence, notre produit est complémentaire à ceux qui sont déjà sur le marché.» Leur cible ? Les collectivités, et notamment le Conseil général pour un partenariat test avec les habitants d'une zone donnée, comme cela avait été fait pour les composteurs. Pour ensuite atteindre les particuliers, notamment via le web. Un produit «efficace, durable et écologique» : l'équipe a fermé son enveloppe Soleau, et le dépôt de brevet est en cours. Côté juridique, pas de problème donc, mais Laura Guido, Olivier Le Pestipon et Anthony Toubeau, les «techniques» du projet, ont dû s'adapter et s'initier à la partie commerciale.

 

 

lp_12octobre_visualid_p3_300> Visual ID : la réalité augmentée au service du tourisme


Une vraie et éclectique équipe s'est réunie autour de Pierre-Henri Fillia, le porteur du projet : sept étudiants venant de Skema, de l'Université de Nice Sophia et de Campus ID, la référence en matière de réalité augmentée, qui propose un master Technology entrepreneuship and innovation. Leur projet : une brique logicielle à intégrer dans des applications culturelles et touristiques sur smartphone, qui propose une option de reconnaissance à distance d'éléments (oeuvres d'art, monuments...).
Les avantages sur les QR codes et les NFC (technologies sans contact)? Elle fonctionne à courte et longue distance, à l'intérieur comme à l'extérieur, et n'engendre pas de pollution visuelle. Leur cible à court terme : les musées qui, pour attirer plus de visiteurs, investissent dans les nouvelles technologies. Par la suite, l'équipe souhaite toucher les villes et les grands magasins... Côté défis, les plus gros ont été techniques, souligne Pierre-Henri Fillia : «nous avons choisi d'exploiter une technologie encore balbutiante, il a donc parfois  été difficile d'obtenir des résultats probants (...) L'étude de marché nous a amenés à détecter une niche, celle du tourisme et de l'identification. Nous avons ensuite dû nous pencher sur la manière de vendre et de rentabiliser notre projet.» De quoi exploiter les compétences de chacun, le principe-même de ce challenge.

 

 

lp_12octobre_jeunes_pousses_une_300_01> NewSej : une plateforme internet intergénérationnelle


Mettre en relation des seniors autonomes avec des besoins divers, et des étudiants qui souhaitent travailler sans sacrifier leur cursus : l'objectif de Malak Meddour, doctorante en droit international et européen, Chloé Ratel (master entrepreneuriat et innovation à SKEMA) et Edith Garcia Durante (doctorante en sciences économiques et de gestion à l'UNS), les grandes gagnantes de ce 10e Challenge Jeunes Pousses. Une plateforme web en temps réel, qui permet aux aînés de poster leurs demandes, et aux étudiants d'indiquer leurs disponibilités. Petit bricolage, initiation aux nouvelles technologies, garde d'enfants... Du service à la personne, destiné aux seniors dans un premier temps, mais aussi à leurs proches, le but étant de proposer une offre évolutive. Le tout fonctionnera grâce à des cartes prépayées, et il sera possible d'avoir recours aux CESU (Chèque Emploi Service Universel). Les objectifs de NewSej à moyen terme : diversifier ses services, proposer des prestations sur Aix-Marseille, et à long terme, développer des franchises. Les trois jeunes entrepreneuses espèrent être à la tête d'un organisme certifié d'ici cinq ans. Un avenir bien amorcé, grâce au support et aux rencontres initiées tout au long du concours.                                   

 

 

Lizza Paillier