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journal n668 - 06/12/2012
Intel Inside Sophia
La multinationale, leader dans les composants lectroniques, renforce ses implantations franaises. Et surtout sophipolitaines.

L’info n’est pas nouvelle, mais l’inauguration officielle des locaux Navigator, à Sophia, aura été l’occasion de se féliciter, une fois encore, du renforcement des équipes d’Intel sur la technopole. Un renforcement mené bon train : de la douzaine de collaborateurs recrutés en 1989 sur les cendres encore chaudes d’un premier plan de licenciements chez Texas Instruments, ils sont passés à une petite trentaine en 2009, et sont aujourd’hui près de 300, répartis sur deux sites maralpins depuis le rachat d’Infineon Technologies l’année dernière.

Cerise sur le gâteau, il reste des postes à pourvoir : une campagne de recrutement vient tout juste de s’achever, et la direction France du groupe en promet d’autres, portées par le succès des smartphones et tablettes, la spécialité des ingénieurs «maison» sophipolitains.

Et c’est d’ailleurs cette spécialisation qui a poussé le géant américain à s’implanter aussi solidement dans le sud de la France : «au cœur d’un écosystème où nous trouvons les experts dont nous avons besoin pour avancer vite sur un marché qui lui-aussi, avance très vite, où les produits et les innovations s’enchaînent», explique Thierry Cammal, directeur Intel PSI Europe. «Le tissu d’ingénierie qui existe ici et en France de façon plus générale est un atout. Et puis, tous nos partenaires sont là, et le vivier universitaire, important, solide, est plutôt rassurant.» Ainsi Intel se développe-t-il à Sophia, mais aussi à Montpellier, à Toulouse, à Nantes ou en région parisienne : ils sont désormais plus d’un millier de collaborateurs, principalement des ingénieurs, pour épauler une R&D à destination mondiale. «Nous plaçons nos ressources là où il y a les compétences», résume Thierry Cammal. Chez nous ? «La connectivité, le WiFi… Un secteur porteur, ce qui explique que Sophia soit notre plus gros site français.»

«Nous sommes en phase de structuration», complète Stéphane Nègre, président d’Intel France. «Depuis 2009, nous avons clairement mis le cap sur l’ultra-mobilité, et c’est ici que ça se passe.» Ce Laurentin d’origine ne cache pas son attachement à la région. Mais si Intel y investit, ça n’est pas le fait du hasard, même si la motivation des investisseurs est aussi stimulée par un autre «local», Philippe Gaglione, qui de Santa Clara, siège californien du groupe, aiguille volontiers le numéro un mondial du micro-processeur vers les terres azuréennes. «Le marché des objets communicants est énorme», conclut Thierry Cammal, «et il n’en est qu’à ses débuts. Cinq milliards d’appareils connectés aujourd’hui, une quinzaine de milliards à l’horizon 2020, du téléviseur au réfrigérateur, les fonctionnalités sont infinies. C’est une révolution, à l’échelle de celle d’internet. Et Sophia aura son rôle à jouer pour Intel, ses partenaires, ses sous-traitants. L’activité de la région n’est plus à prouver, c’est une réalité dans notre filière.» Un premier téléphone quasi made in Sophia est disponible depuis juin. Et ce n’est qu’un début. Enfin une bonne nouvelle, et une sacrée locomotive économique…

 

 

Isabelle Auzias

 

 

> Pour l’inauguration, ils ont dit…


Marc Daunis, sénateur-maire de Valbonne : «à Sophia, il faut conserver nos ambitions, notre possibilité de pouvoir construire des choses originales à la hauteur des capacités d’innovation et d’expérimentation de la technopole. Des ambitions humaines (…) Cette consolidation des liens avec Intel, cette implantation prometteuse qui se confirme, est un gage de sécurité. Rebondir ensemble grâce à l’esprit un peu particulier de Sophia, c’est aussi une ambition.»

Jean-Pierre Mascarelli, vice-président du Conseil général en charge de l'économie, président de Team Côte d'Azur :«Intel, c’est un superbe argument de vente, et c’est extrêmement important pour nous. Nous réfléchissons déjà sur d’autres modes de collaboration entre territoire et entreprise, à l’instar du modèle finlandais par exemple. La qualité et la taille d’Intel nous permettent de l’envisager, ainsi que sa capacité à nous accompagner et à nous conseiller sur ces nouveaux chemins.»

Jean Leonetti, député-maire d'Antibes, président de la CASA : «le fait qu’aujourd’hui, Sophi@tech, le campus des nouvelles technologies, ouvre ses portes, que le Business Pôle complète la chaîne de l’aide et de l’innovation pour startups, que nous soyons capables de configurer, avec l’Etat, l’ensemble de la technopole pour lui donner plus de lisibilité, que nous fassions des transports une priorité, tout est positif et tout amène au développement. (…) Le modèle ébauché par le sénateur Laffitte il y a 40 ans continue à fonctionner, malgré une conjoncture très particulière, l’arrivée d’Intel en est la preuve. Et nous sommes évidemment prêts à aider et à accompagner Intel sur notre territoire, pour le garder, et pour en faire un exemple d’implantation réussie et pérenne.»