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journal n690 - 16/05/2013
Innovation : Sophia bien dans ses Assises
Alors linnovation, formidable jeu du hasard ou stratgie finement conomico-politique ? Les deux, mon Capitaine.

Nom de code : SRDEII pour Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation de l’emploi, digne descendant du SRDE, né d’une révision propre à rallonger son patronyme. Pour le porter sur les fonts baptismaux, Bernard Morel, vice-président de la région PACA, venu présider les Assises de Sophia, l’un des trois rendez-vous dédiés (avec Marseille et Toulon). Des Assises fortement orientées vers l’innovation, technopole oblige, et vers une mutualisation des atouts géographiques souhaitée par le président Vauzelle : «il faut mobiliser l’ensemble des énergies et des acteurs participant au développement du territoire, au service des entreprises et de l’emploi, dans une approche partenariale et volontariste. C’est tout le sens de cette révision du Schéma régional de développement économique.» Révision car depuis le début des réflexions, la crise a fait son ouvrage…

 

Aussi a-ton planché, ce mardi matin dans le grand amphi de SophiaTech, autour d’ambitions et de programmes qui, pour sûr, laisseront l’entrepreneur de base de marbre. Certains auront d’ailleurs exprimé leurs plus vives inquiétudes sur cette innovation à privilégier pour retrouver notre dynamisme économique: côté artisans, il faudra d’abord penser à la formation avant que d’abandonner des techniques parfois ancestrales. Et réfléchir à une innovation en phase avec le gros des troupes, ciblée sur le confort au travail. Côté purs et durs des TIC (technologies de l’info et de la communication), il faut savoir prendre des risques, saisir les opportunités qui passent, inventer de nouveaux modèles économiques. Côté syndicats, il s’agira surtout de ne pas oublier les impacts de toute innovation majeure, souvent violents pour l’emploi. Enfin côté investisseurs privés, on regrette les trop faibles encouragements des pouvoirs publics, en matière d’incitations fiscales en particulier.

 

L’objectif de Bernard Morel est atteint : «ces Assises sont un bel outil pour s’exprimer et faire remonter l’information vers la Région, qui à son tour transmettra à l’Europe.» Car les fonds publics se méritent, et les investissements consentis au niveau PACA pourraient être secondés plus efficacement, pour peu qu’ils soient bien défendus à Bruxelles. Même constatation à l’échelon des banques : «sur l’innovation, elles sont souvent frileuses, car le retour n’est pas assuré. En cela la bpi pourrait se révéler utile, elle devra accepter le jeu.»

 

La vraie difficulté ? La valeur accordée au temps, qui ne sera pas égale que l’on se place côté entreprise, soutien public, fonds privés ou stratégie territoriale. Pour Bernard Morel toujours, «en innovation, quand on parle long terme, c’est à cinq ans maximum. Mais il y a des dispositifs à mettre en place immédiatement.» Gérard Giraudon, directeur recherches de l’INRIA, aura prévenu : «on change de civilisation avec le numérique. On a raté le coche dans les années 80 avec l’informatique, on manque de techniciens encore aujourd’hui, et cela freine notre croissance.» Une erreur à ne pas refaire. L’innovation serait donc tel un quitte ou double. Avec une marge d’incertitude capable de faire couler une économie… Méfi. Et c’est tout l’enjeu pour Sophie Camard, conseillère régionale de son état : «en ce qui concerne le numérique en particulier, il faut rester sur une logique transversale, de ce numérique vers les autres filières. C’est de ce mariage que naîtront les emplois de demain. Surtout à Sophia, mais aussi ailleurs.»      

 

 

 

Isabelle Auzias