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journal n657 - 12/09/2012
Dirigeants, consultez vite avant qu'il ne soit trop tard
Entre Jeune Chambre Economique et Tribunal de commerce, une synergie vidente, mise en avant par lantenne dAntibes-Sophia.

lp_21septembre_tribunal_de_commerce_haut_de_9_300On ne le dira jamais assez: mieux vaut prévenir que guérir. C'est le message récurrent de Fabrice Mauro, magistrat consulaire depuis 11 ans, et président de la chambre du conseil du Tribunal de commerce d'Antibes. Contrairement à la croyance populaire, les tribunaux de commerce ne sont pas là pour sanctionner : «c'est un peu comme quand on va chez le dentiste, quand on a un peu mal on retarde, et parfois quand on se décide, il est trop tard, il faut arracher. Alors que si l'on prend soin de s'y rendre suffisamment tôt, on peut s'en sortir sans trop de dommages».


La métaphore est simple, efficace. Et l'intervenant motivé. «J'aurais aimé, quand j'étais membre d'une JCE, avoir ce genre d'éveil sur la responsabilité du chef d'entreprise, les sanctions encourues… Quand ils ont affaire à nous, les dirigeants sont en panique totale, mal informés, ils ne sont pas du tout au fait de ce qui peut leur arriver devant un tribunal. Y compris des dirigeants de grosses sociétés. On est à la préhistoire de l'information, c'est dramatique. Quand ils viennent nous voir de leur propre chef (et c’est très rare), c’est souvent très (trop) tard. La plupart du temps, ils ne viennent que si on les convoque... A force de répéter que créer une entreprise, c’est très facile, qu’il suffit d’un euro, que devenir auto-entrepreneur, c’est simple et sans danger, à trop vouloir vulgariser, on met les gens dans des situations inextricables.»


Et Fabrice Mauro d’enfoncer le clou : «le but du tribunal de commerce, c’est de faire de la prévention. Or, nous faisons souvent du dommage, justement parce qu’on ne fait pas assez de prévention. De manière générale, il est extrêmement bien vu qu’un chef d’entreprise demande un rendez-vous au président du tribunal de commerce dont il dépend, qu’il lui expose ses difficultés. Parce qu’à ce moment-là, quand ça n’est pas trop tard, on peut trouver des solutions.»
Par exemple, une entreprise a droit à la sauvegarde quand elle est in bonis. Quand elle ne l’est plus, c’est directement le redressement. Avant la cessation de paiement, c’est une solution… On constate aussi que les chefs d’entreprises cherchent de moins en moins à trouver des solutions : «nous rencontrons des gens qui abandonnent un peu rapidement, nous les encourageons en leur expliquant que l’on peut trouver des parades, que l’on n’est pas obligé de passer en mode off immédiatement. Et encore une fois, il y a un réel problème d’information. Par exemple en France, être en redressement judiciaire, c’est un peu une maladie honteuse, alors que dans les pays anglo-saxons, c’est une preuve de bonne gestion»…


Nombre de solutions s’offrent donc au dirigeant averti, pour peu qu’il se prenne par la main et qu’il aille voir un tribunal de commerce. «Une fois de plus, nous sommes là pour écouter, pour conseiller, pour aider. Pour nous, mettre une société en liquidation, c’est une défaite, on n’en tire aucun plaisir.»


Lizza Paillier