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journal n°696 - 27/06/2013
Un avant-goût de rentrée pour les Espaces Antipolis
Deux jours de découverte in situ, et programme mi-business, mi-détente au cœur d’un complexe en pleine mutation.

Ce fut la surprise du chef Jean-Luc Nahon entre deux conférences: la pose de la première pierre des Espaces Antipolis de demain, devenus «resort» par l’adjonction d’une résidence de 160 chambres pour accueillir un tourisme d’un troisième type, entre affaires et soif de connaissance. Une sorte d’appel au bronzage intelligent, novateur et dépaysant. Et une utilisation hors normes du site sophipolitain. Petite fierté devant l’une des grues les plus imposantes de France, plantée à quelques mètres de l’auditorium où se pressaient quelques invités de marque venus débattre des perspectives économiques locales et nationales.

 

Soleil en terrasse, grand-messe de l’entrepreneuriat en salle : «on ne manque pas de projets innovants, c’est leur lancement qui est difficile», attaque Jean-Louis Brelet (b-Strategy Consulting, président des Sophia Business Angels/BA). «Il faut faire comme aux USA, développer et marketer les produits plus tôt.» Un avis partagé par Dominique Beudin (BE-ST Conseil et Prestations), à l’origine de moult clubs de BA, qui trouve elle-aussi la région PACA particulièrement intéressante, et qui souligne une autre innovation: dans la mobilisation des entrepreneurs pour résister à des mesures pénalisantes. Pigeons ou Poussins, les mentalités changent. Vers un Printemps des Entreprises ? Le chemin sera long… Mais elle est surtout venue défendre les valeurs de YES (Young Entrepreneur School), qui ouvrira ici à la rentrée prochaine pour former les forces vives de demain. Car demain sera différent. Pour Emmanuel Gaulin (Easylounge.com, président du Club Business 06), «oui, la révolution numérique va changer nos comportements de façon extraordinaire. Nous organisons un éco-système de l’entreprise grâce aux réseaux sociaux, nous pèserons plus auprès des pouvoirs publics.» Un petit air de révolte maîtrisée flotte sur Sophia en ce Summertime 2013.

 

Besoin d’ouverture à l’international, innovation épaulée, industrie confortée : il s’agit désormais d’apprendre à faire de nos belles idées des produits à succès. «Et de créer des ETI (entreprises de taille intermédiaire), ce qui marche en Allemagne mais qui n’existe presque pas chez nous. C’est là où le bât blesse», poursuit Dominique Beudin. Autre piste :  inciter les grands groupes à mettre la main à la pâte, en réinjectant des fonds pour les PME qui les accompagnent. De l’avis général, c’est donc bien de politique qu’il faut changer. Nicolas Doucerain, président-fondateur du mouvement Entreprendre pour la France, ira même un peu plus loin, qui sait ?

 

 


> Un parti des entrepreneurs ? Et pourquoi pas ?

 

Nicolas Doucerain, président d’Entreprendre pour la France, se positionne sur l’échiquier politique à moyen terme. Objectif : «mettre en valeur les atouts de la France.»

 

Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays : patriotique en diable, Nicolas Doucerain, tel un JFK made in France, qui rêve d’un modèle social pour l’homme et libéral pour l’entreprise. D’où une réforme en profondeur de nos systèmes de solidarité débarrassés d’un trop plein d’assistanat. Et d’un trop plein législatif en général. «On protège le salarié ? Il n’y a jamais eu autant de précarité… Tout est sclérosé, il faut remettre les choses à plat.»

 

Le message délivré aux Sophipolitains & consorts se veut fort. «Pour nos entreprises, nous manquons de fonds propres pour réussir, il est impossible d’investir. Trop d’aides, trop de dispersion pour nos PME, trop de niches fiscales. Il faut alléger, rationaliser. Nous ne sommes pas là pour subventionner des entreprises qui vivent sous perfusion des collectivités.»

 

Pourquoi ? «Parce que dans le monde entier, nos qualités sont reconnues.» Il est vrai qu’un peu d’optimisme n’a jamais tué personne… Mais faut-il vraiment aller jusqu’à l’engagement politique ? «Il y a un moment où il faut arrêter de refaire le monde entre amis. Où il faut agir. Déception, frustration, désamour : les politiques se trompent de combat depuis 30 ans, on fabrique 35.000 chômeurs par mois. Il faut réformer, et vite.»

 

Pigeon ou poussin, Nicolas Doucerain ne veut pas finir entre deux rangées de petits pois, c’est dit.

 

 

 

 

 


Isabelle Auzias