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journal n°668 - 06/12/2012
Me Valentin Cesari élu bâtonnier désigné à Nice
Il aura fallu deux tours et une trentaine de voix pour le départager de Me Frédéric Hentz. Me Valentin Cesari sera donc le successeur de Me Marie-Christine Mouchan au Barreau niçois.

Ambiance détendue, mais néanmoins sérieuse pour un dépouillement surveillé de près par Gérard de Gubernatis, qui un court instant a fait craindre un épisode à la sauce UMP en ce scrutin ordinal, bien vite rattrapé par les bons comptes du Bâtonnier Marie-Christine Mouchan… Pas de contestation, mais beaucoup d’émotion pour Me Valentin Cesari, immédiatement félicité par les deux autres candidats au dauphinat niçois, Me Frédéric Hentz et Me Eric Mary. Elu par 393 voix sur 779 votants (365 bulletins pour Me Hentz et 28 blancs ou nuls), Me Valentin Cesari a tout de suite posé son action future sur la confraternalité et l’entraide, dans une profession secouée par la crise économique (voir notre vidéo). Rejoignant ainsi sa déclaration en qualité de candidat, que nous publions ici :

 


«Une société en constante mutation, qui s’est ouverte une ère nouvelle, celle de la communication ininterrompue, des réseaux virtuels et des procédures dématérialisées. Une société en récession, qui induit des modifications profondes, remettant probablement en cause les certitudes sur lesquelles nous étions commodément installés.

 

Notre profession aux codes séculaires, dont la charpente continue de reposer sur une forme de sacerdoce, ne pourra échapper à ce profond bouleversement. Eloignée des véritables lieux de pouvoir, ayant confié son destin aux rouages complexes du Conseil National des Barreaux et aux modes discriminatoires de désignation de ses membres (deux collèges de 41 membres dont l’un d’eux, à parité, n’est qu’une émanation des Ordres), elle subit plus qu’elle ne détermine les politiques qui la gouvernent. Grandes réformes judiciaires, comme fonctionnement interne de la profession, actes fondateurs qui devraient s’adosser sur un audit attentif des avocats, sont depuis longtemps l’apanage d’un cercle obéissant à des impératifs idéologiques et politiques. L’intérêt des avocats s’en trouve exclu.


Une société qui se paupérise ne doit pas obligatoirement conduire à l’affaissement des grands corps professionnels qui en constituent l’essence. Traitement plus rapide des procédures et marchandage autour de l’honoraire de l’avocat sont les sirènes auxquelles politiques et Conseil National des Barreaux ont volontiers cédé.

 

Faire disparaître les avoués au prix d’une réforme procédurale, dont gageons que nous ne tirerons pas grand avantage, nous imposer une présence renforcée lors des gardes à vue et ne pas entrevoir la contrepartie d’une rémunération de cette mission à hauteur de ce qu’elle engage, sont deux exemples du peu de cas qu’il est fait de la défense de nos intérêts.

Devrons-nous continuellement endosser le poids des réformes dictées par la vox populi ? Il faut s’opposer à cette confiscation des décisions qui nous concernent, par des instances qui nous ignorent. Il faut s’opposer à notre implosion au profit d’activités concurrentes qui morcèlent notre champ d’action. Il faut s’opposer à l’attentisme servile et à la résignation.

 

J’ai renouvelé ma candidature au dauphinat mu par la même énergie, non pas celle d’un combat d’arrière-garde tourné vers une ambition personnelle, mais par l’élan qui me conduira à engager de véritables débats, autour des exigences de notre profession et des enjeux qui l’animent : une politique de communication ambitieuse sur notre profession ; la création d’un espace de communication interne, outil performant pour donner la parole aux avocats (organisation d’assemblées générales bi-annuelles puisant la matière de leurs réflexions dans un échange constant) ; l’écoute attentive de la situation interne du Barreau, de sorte que soit rompue la loi du silence dans laquelle s’enferment trop de confrères en souffrance.
Je veux replacer l’avocat au centre des missions ordinales, sous l’égide d’un Bâtonnier humain, engagé, résolument proche de vous, comme je l’ai toujours été.»

 

Après une année passée aux côtés du Bâtonnier Mouchan, Me Valentin Cesari prendra ses fonctions au 1er janvier 2014.

 

 


Isabelle Auzias