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journal n711 - 10/10/2013
Les jeunes avocats tiennent bon la barre
Au moment-mme o Christiane Taubira affrontait les glorieux ans du CNB Paris, ils taient une soixantaine, aux marches du palais de justice, manifester leur mcontentement et leurs craintes.

Tous syndicats mêlés : ACE, CNA, FNUJA et SAF ont appelé à un symbolique regroupement niçois, comme dans la plupart des grands ressorts français. «Pour être aux côtés de nos confrères qui seront présents à Paris.» Car les hautes instances auront fait le déplacement, à l’instar du bâtonnier Mouchan et du bâtonnier désigné Cesari.

En robe, ils ont occupé le terrain. Pour Me Jean-Joël Governatori, président de l’UJA de Nice (Union des Jeunes Avocats), la coupe est pleine : «plusieurs projets de loi ont échaudé la profession, en particulier cette réforme autour de l’aide juridictionnelle. Dans le projet de loi de finances 2014, certes l’on a supprimé le timbre à 35€ à la charge du justiciable, mais comme les caisses de l’Etat sont vides, il y a une contrepartie, celle de diminuer le montant de l’Unité de Valeur (UV) des missions d’aide juridictionnelle. 22,50€ à ce jour, revalorisée à 22,84€, certains barreaux jusqu’alors et en raison de spécificités locales pouvaient majorer cette UV, ce que le projet de loi gomme. On nous offre des cacahuètes en nous faisant croire à une revalorisation de 1,5% (moins que l’inflation actuelle), mais pour la plupart des barreaux, c’est une perte…» Or les jeunes avocats, particulièrement dévolus à cette aide juridictionnelle, sont les premiers perdants.

 

Autre pierre d’achoppement: un amendement adopté par l’Assemblée nationale (dit Pupponi) qui réserve les cessions de parts sociales de sociétés à prépondérance immobilière aux seuls notaires. «Là-aussi, indirectement, on touche à l’aide juridictionnelle, puisque lorsqu’un avocat passe un acte de cession de parts sociales, il doit consigner l’argent, argent qui peut servir, au moins partiellement, à financer l’AJ. En touchant au périmètre du droit autorisé aux avocats, on touche au financement de tout le système.»

 

Le sentiment général ? «Nous faisons partie du service public de la justice, nous en sommes les précieux auxiliaires, et nous sommes véritablement maltraités alors que la charge de travail est importante, que nous ne comptons pas nos heures, et que notre rémunération tend à s’amoindrir. Il y a une vraie paupérisation des jeunes avocats.»