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journal n°667 - 29/11/2012
Entreprenariales 2012 > L’audace comme moteur de l’humanité
Convié au salon des chefs d’entreprises par Tribune-Bulletin Côte d’Azur, celui qui reste célèbre pour sa découverte de Lucy, petit bout de femme éthiopienne de trois millions d’années, n’en est pas moins tourné vers l’avenir. Et l’audace, il y croit fort…

Yves Coppens aura exploré l’allégorie d’un bout à l’autre de sa conférence, en clôture des Entreprenariales. Non pas que l’entreprise soit une idée abstraite, loin s’en faut, mais l’homme, dans son entité intra et extra économique (et surtout pour un averti paléo-anthropologue) est resté au centre des débats et des questionnements. Que serait, de toute façon, l’entreprise sans l’homme ?

 

C’est donc d’homme dont nous avons parlé. De Lucy un peu, de ses ancêtres beaucoup, de ceux qui ont inauguré des générations et des générations d’audace pour en arriver à notre version moderne. Sauver sa peau pour sauver son espèce : l’essence-même de ce culot, que l’on retrouve dans la moindre molécule essayant de s’acoquiner avec une autre pour former une cellule et se multiplier de façon extraordinaire. Sautons quelques milliards d’années, nous voici devant un insectivore qui se met à grimper aux arbres pour goûter aux fruits pas si défendus: le petit singe est né, ses yeux se rapprochent et ses griffes deviennent ongles. Sacrée audace déjà, instinctive il est vrai, mais salvatrice. Comme celle de se redresser : rien de très naturel, mais quelle avancée… Mais alors, si homme et animaux ont tout deux, par nature, de l’audace, qu’est-ce qui va les différencier ? Le… caillou. Pour Yves Coppens, «il y a une différence entre le primate qui tape sur une noix avec une pierre, enseigne la technique à ses jeunes, et un homme qui va taper deux cailloux l’un contre l’autre pour créer une forme nouvelle et utile : le biface.»


Un outil. Une première entreprise. «Le succès est au bout de l’audace. L’échec aussi parfois. Mais sans audace, c’est la stagnation, puis le recul.» L’homme a choisi : de son audace innée, il s’est forgé un destin culturel (comprenez tout ce qui n’est pas naturel). «L’évolution pousse à cette audace, car la compétition est partout : dans le pouvoir, dans le sexe, dans les richesses économiques. C’est cela, l’homme, dans sa superbe, plein d’idées, la seule espèce qui pense à aller sur une autre planète…» Sans doute l’univers (enfin le nôtre) n’était-il pas parti pour ça. Mais le compte à rebours est lancé, le soleil s’éteindra dans cinq milliards d’années, et d’ici là, l’homme, entrepreneur dans l’âme, devra trouver une solution pour échapper à la longue nuit qui s'annonce…                                   

 

 

Isabelle Auzias