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journal n°716 - 14/11/2013
Contre le chômage, le MEDEF
Invité pour les 40 ans de l'UPE 06, Pierre Gattaz a présenté son projet «2020, une France qui gagne». Objectif : créer un million d'emplois en cinq ans.

Didactique, le patron des patrons. En 15 minutes, il aura exposé son cinglant diagnostic et proposé ses solutions pour lutter contre le chômage, avec pour objectif de «convaincre nos élus qu'il faut faire le choix de l'entreprise. (...)Il faut travailler sur l'emploi, et c'est un concept qui n'est ni de gauche, ni de droite, tout le monde comprend que nous nous battons pour l'emploi dans notre pays. Et ce ne sont pas les créations de postes aidés ou subventionnés qui vont régler le problème, ce sont les entreprises qui créent des emplois.»

Quelques (mauvais) chiffres sont rappelés, les motifs de mécontentement aussi, certains redondants, d'autres moins, et Pierre Gattaz dénonce clairement un manque d'enthousiasme général et des réformes qui semblent vides de sens pour ceux qui les subissent.

 

Il n'empêche, Pierre Gattaz se veut optimiste et lance le projet «2020, une France qui gagne». Dans le viseur : passer sous la barre des 7% de chômage d'ici cinq ans, en créant un million d'emplois (voir notre vidéo). «C'est possible, à condition que le gouvernement s'engage sur six chantiers»: coût du travail et fiscalité en tête...

Mais le président du MEDEF a d'autres défis dans sa ligne de mire. La simplification administrative et réglementaire «déjà en marche», le financement des entreprises, les freins à l'emploi, en travaillant notamment sur l'employabilité des salariés, «de façon à ce qu'eux-mêmes aient moins peur de se faire licencier et que nous, patrons, ayons moins peur d'embaucher».

Et surtout, «fondamentale», la baisse des dépenses publiques : «100Mds€ sur cinq ans, oui c'est possible, ça ne fait que 20 milliards par an, à comparer avec 1.150Mds€ de dépenses. C'est 1,7% de baisse, ça n'est pas insurmontable, nous faisons bien plus dans nos entreprises quand elles sont en crise.»

 

Pierre Gattaz veut surtout que les réformes engagées par le gouvernement, et donc les efforts consentis aient un sens.

«Ce sont les six chantiers que nous avons mis sur la table avec le président de la République. L'idée, c'est que ça bouge, il y a urgence. Nous ne pouvons pas attendre des mois que le chômage se dégrade, que les Bonnets rouges envahissent toute la France, que nous soyons dans la rue, ce qui n'est pas du tout notre genre au MEDEF.

Nous sommes là pour être force de propositions, pour un MEDEF de combat, un MEDEF d'enthousiasme, pour une France qui gagne. Faisons confiance aux entreprises, aux entrepreneurs, et surtout à nos équipes, car c'est avec elles que l'on gagnera.»

 

 

 

 

 

 

Lizza Paillier