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journal n°714 - 31/10/2013
André Peyrègne enquête et trouve… Wagner

Gros scoop dans le monde lyrique : un livret signé Richard Wagner, retrouvé au fin fond de la bibliothèque du Conservatoire de Nice, où il sommeillait depuis un siècle et demi. L’étonnante découverte a sollicité quelques experts venus d’outre-Atlantique, mais la suprême révélation s’est faite la semaine passée pour le public niçois, forcément concerné : un livret dont le titre, Les Français devant Nice, ne peut qu’émouvoir.

 

Même si, de l’avis des professionnels, la musique (signée de l’ami de Wagner, Johann Kittel) ne casse pas trois pattes à une oie dans le contexte foisonnant du XIXe siècle. Et c’est sans doute pour cette raison qu’aucune mention de cet œuvre lyrique n’avait subsisté jusqu’à aujourd’hui. Wagner en aurait lui-même été fâché contre le compositeur. Pourquoi ? Selon André Peyrègne, aujourd’hui directeur du CNR de Nice, «c’était un révolutionnaire dans l’âme, avec souvent des attitudes très condamnables face aux autorités d'alors. Et la musique pour accompagner ce livret, il la voulait… révolutionnaire, avec des hymnes, avec La Marseillaise ! Kittel en a fait autre chose.»

 

Que recèle encore la bibliothèque de notre Conservatoire ? «Sans doute d’autres trésors, mais une découverte comme celle-ci, il n’y en a qu’une dans une vie…» Entendra-t-on un jour ces Français devant Nice ? «Peut-être, mais monter un opéra coûte très cher de nos jours». Il existe cependant un enregistrement amateur made in USA. On pourrait rêver plus, en cette année de bicentenaire…

 

 

 

 

 

 


Isabelle Auzias