««« Retour share
journal n°712 - 17/10/2013
Patrimoine : c’est le moment d’orienter son épargne vers les actions
Jean-Pierre Gaillard était l’invité d’honneur du 2e colloque sur la gestion de fortune ŕ Mougins, oů il a fait partager son optimisme aux nombreux participants.

C’est le bon moment pour entrer sur le marché des actions. Malheureusement, il n’y a aucune culture actionnariale chez les Français, contrairement aux Américains.» Jean-Pierre Gaillard a relevé le défi : prouver à l’assistance que c’est le moment de s’intéresser à la bourse, et sans «être rasoir». Au préalable, deux choses à faire : savoir où l’on en est de la macro-économie mondiale et des cycles boursiers.


«Les entreprises du CAC 40 font 72% de leur chiffre d’affaires à l’international. Elles vont là où ça bosse, il y a toujours un endroit dans le monde où ça travaille.» Et de rappeler que, même si «on était en petite récession dernièrement, la croissance mondiale, celle qu’il faut regarder, était de 2,7% l’an dernier, et l’on attend 3,1% en 2014.»

L’Europe a tendance à se stabiliser voire à se redresser, les pays émergents ne se portent pas si mal (avec 5,5%, le continent africain a la plus forte croissance quoique disparate), et les Etats-Unis sont en croissance depuis fin 2011. «C’est le moment de s’intéresser au marché actions puisque, globalement, dans le monde, ça tourne de façon satisfaisante».

D’autant plus que chez nous, la bourse est encore 40% au-dessous de son record historique de 2001, «c’est dire le phénomène de rattrapage que l’on a à faire». Côté rendement, traditionnellement de 2%, «les actions rapportent presque 4% en ce moment, ce qui est tout à fait exceptionnel». Bref, «nous sommes indiscutablement en bas de cycle, à un niveau où il faut acheter. Il ne faut pas faire n’importe quoi, il faut diversifier son patrimoine, mais il faut augmenter son allocation actions, j’en suis certain.» En rappelant toutefois que la bourse, c’est avec plusieurs années devant soi qu’il faut la considérer…

 

Et le journaliste a fait un focus particulier sur l’économie américaine. «Ils ont trois soucis majeurs : le budget 2014, la dette, et une économie dopée par la Fed, qui y injecte 85Mds$ par mois. Or on ne peut pas vivre shooté, il faut faire une cure de désintoxication... Bon point : la nomination de Janet Yellen à la tête de l’institution, très appréciée par les marchés qui espèrent qu’elle saura sortir de cette politique accommodante sans douleur.»

Trois soucis qui nuancent pourtant une belle reprise : «après la ruée vers l’or, il y a maintenant la ruée vers le gaz de schiste. C’est une véritable révolution économique : il y a cinq ans, il représentait 30.000 emplois, aujourd’hui, c’est 600.000 et dans cinq ans, un million, soit presque 1% de la population active. Le prix du gaz est quatre fois moins élevé que la moyenne mondiale. Du coup les Etats-Unis commencent à relocaliser, surtout les entreprises grosses consommatrices d’énergie : la baisse du prix de l’énergie compense l’écart de salaires. Et ils exportent leur charbon, notamment vers l’Allemagne. Indiscutablement, le gaz de schiste est très important.» Et il paraît qu’en France, on en a sous les pieds pour des décennies… «Ce qu’il faut, c’est trouver un moyen propre de l’extraire. Il ne faut pas baisser les bras.»

Ajoutez à ça l’immobilier, reparti à la hausse, avec une diminution des stocks et donc le besoin de construire, d’où une reprise potentiellement durable, et enfin l’emploi : plus d’embauches, moins de licenciements et surtout, des démissions qui augmentent. Paradoxalement le signe que ça va bien : «si on ose démissionner, c’est que l’on sait qu’on aura une chance de retrouver du travail». Trois facteurs qui font que l’effet de richesse est là : «l’Américain achète des actions et Wall Street est à son plus haut historique. Il gagne de l’argent, il consomme, et la croissance est repartie. La croissance américaine est très importante, elle peut être durable et entraîner le monde entier.»

 

 

 

 


Lizza Paillier