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journal n°675 - 31/01/2013
Plaidoyer pour l’honneur de la justice commerciale
C’est sans concession aucune que Philippe Westrelin a défendu les troupes consulaires.

Il est des chiffres plus agréables que d’autres : des inscriptions de sociétés en légère hausse par rapport à 2011 (+3%), moins d’affaires nouvelles en contentieux général (283 contre 317 l’année précédente,) des procédures collectives en baisse (-8%, soit 148 ouvertures). Mais il y a aussi une plus sensible augmentation des formalités du greffe (+11%) due à un grand nombre de dissolutions, des créations d’entreprises en roue libre (-8%), des augmentations côté résolutions de plan (12 en 2011, 17 en 2012). Il y a enfin la satisfaction d’un président quittant ses fonctions, Philippe Westrelin, 17 ans de Tribunal de commerce à son actif, accaparé par ses responsabilités consulaires désormais nationales, et déléguant ses pouvoirs à Jean-Claude Avelines, un historique lui-aussi… Un président sortant qui aura avant tout insisté sur les obligations du juge consulaire, qu’il voudrait voir considéré à sa juste valeur.

 

C’est que l’année fut rude pour la juridiction grassoise, qui a vu le départ de Francis Gay, d'Emile Biasini et de Eric Daufès (15 ans de «maison»), année honorable au vu des résultats : «le taux de réforme de nos jugements par la Cour d’appel, bien qu’important à nos yeux tant dans son principe que dans son contenu, est très faible, de l’ordre de 2 ou 3%», se réjouit le président Avelines. Pour Philippe Westrelin, c’est la preuve irréfutable que les tribunaux de commerce ont bien toute la place qu’ils méritent dans la vie économique et sociale. Dans son discours d’adieu, il sera beaucoup question de ces juges consulaires, trop souvent conspués, victimes «d’attaques insipides et sournoises. (…) Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose», scande-t-il lors de cette ultime rentrée solennelle, où l’échevinage envisagé par le législateur fait figure de réprimande. «Nous y sommes opposés car nos résultats prouvent que nous rendons une justice de qualité.» Une position qu’il continuera à defendre.

 

 


Isabelle Auzias