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journal n°697 - 04/07/2013
Sans contrefaçon, pour la promotion du vrai
La 10e campagne de sensibilisation des consommateurs a été lancée ce mardi à Cannes. Presqu'une tradition...

Placée sous l’égide du Comité national anti-contrefaçon (CNAC) présidé par Bernard Brochand, l’action sera menée par les équipes de l’Union des Fabricants (UNIFAB) jusqu’au 17 août, sous la bannière «stop aux faux», sur les plages et marchés particulièrement sensibles : nos villes côtières, mais aussi les voisines varoises, jusqu’à Marseille et même la côte basque. Objectif : informer les vacanciers des principaux risques, dangers et conséquences de la contrefaçon. Ce 3 juillet en l’hôtel de ville, le président de l’UNIFAB Christian Peugeot a rejoint sa directrice Christine Laï, ainsi que Jean-Michel Thillier (direction générale des douanes) et nos locaux de la même administration, Marie-Catherine Kuntz et Raymond Scarfone, pour faire un point sur le fléau du faux.

 

On évalue le manque à gagner entre 200 et 300Mds€ par an, dont 6Mds€ pour la France. 38.000 emplois seraient ainsi menacés au niveau national (200.000 en Europe). L’an dernier, les douaniers français ont saisi 4,6 millions de produits contrefaits, soit 47% de moins qu’en 2011: les conséquences de l’arrêt européen Nokia/Philip, qui rend impossible la saisie des faux en transit en Europe. Pour Jean-Michel Thillier, il est urgent d’agir : «il faut faire changer cette loi européenne, actuellement la base juridique n’est pas satisfaisante.»

 

D’autant plus qu’avec l’explosion du e-commerce, internet devient un canal privilégié dans la distribution de contrefaçons: en 2012 en France, 1,4 million de saisies ont été réalisées au fret-express, c’est-à-dire les marchandises issues des commandes passées sur le net. La «cyber contrefaçon», comme l’appelle Bernard Brochand, se développe notamment grâce aux sites de petites annonces et aux réseaux sociaux. Et tout y passe : des vêtements aux jouets, des smartphones à la pharmacopée. «La contrefaçon de médicaments s’accélère, il faut donc de la prudence du côté des consommateurs». Au-delà des faux comprimés, ce sont 20% des produits saisis en 2012 qui représentent un danger pour la santé.

 

D’où cette campagne d’information, qui vise à lutter contre l’offre, mais aussi la demande de produits contrefaisants. «Aucun seuil de tolérance», rappelle Jean-Michel Thillier, «quelle que soit la quantité. Les sanctions? Saisie de la marchandise, amende, jusqu’à des peines de prison.» Et de rappeler l’importance des partenariats avec les entreprises titulaires de droits de propriété intellectuelle, pour informer au mieux les douaniers sur les produits authentiques, tout en mettant leur expertise à disposition lorsque des marchandises suspectes sont interceptées.

 

 

 

 


Lizza Paillier