««« Retour share
journal n°679 - 28/02/2013
Cannes : quand le mimosa fait son cinéma
Commune et Conservatoire du Littoral expérimentent du côté de la Croix-des-Gardes.

Le site -protégé- est couru. Les chevaux de la police municipale y ont même trouvé refuge. Sur 5.000m² s’y profile une opération à hautes valeurs éducative et patrimoniale ajoutées : la (re)plantation d’une mimoseraie «dans une perspective de protection de l’environnement et de développement durable.» Concrètement, le Conservatoire du Littoral, propriétaire de 80 hectares sur la Croix-des-Gardes, a confié 5.000m² de maquis aux bons soins des services municipaux pour réhabiliter une ancienne mais tenace tradition agricole : la culture du mimosa.

 

Il aura aussi fallu trouver un exploitant pour bichonner les 500 nouveaux pieds plantés en fin d’année dernière. Stéphane Reynaud, mimosiste à Pégomas (Beal Flor) est l’heureux élu, le premier à pouvoir revendiquer la nationalité… cannoise de sa future production: Mirandole, Astier, Tournaire et Rustica se sont mêlés pour assurer une floraison touffue, régulière et étalée d’ici cinq à six ans.

 

Côté collectivités, l’objectif est clair : s’assurer de la pérennité d’un savoir-faire et d’un patrimoine paysager qui s’était laissé gagner, au fil des générations, par le retour des acacias sauvages. On parle même d’un léger mais sensible effet coupe-feu en cas d’incendie, grâce à un terrain ré-investi par les mains de l’homme. Côté exploitant, après signature de la convention d’usage agricole, ce serait presque de la gourmandise : «bien sûr, en superficie, rien à voir avec nos plantations sur leTanneron», explique Stéphane Reynaud. «Par contre, nous sommes à Cannes ! Et pour moi, issu d’une famille de mimosistes, c’est important que ces terrains retrouvent leur vocation d’origine. Une AOC ? Pourquoi pas… C’est à essayer, nous avons déjà pensé à déposer un brevet pour «Mimosa du Festival». En termes d’image, c’est prestigieux.»


De quoi donner un bon coup de projecteur sur la filière, à n’en point douter. Pour Stéphane Reynaud, il y aurait même un intérêt touristique : «sur Tanneron, les plantations sont éloignées de la route. Ici, c’est accessible. Il y a du bon et du mauvais. Il faudra faire attention à la cueillette sauvage…» Richard Barety, chargé de mission pour le Conservatoire du Littoral, parle d’éducation, voire de répression: «il y a déjà des agents sur site, plus la police montée… Mais nous aurons des soucis, forcément. A nous de trouver les solutions. Nous ne sommes pas là pour mettre la nature sous cloche, mais pour l’ouvrir largement au grand public, tout en la protégeant.» Un objectif qui sera ici plus difficile à atteindre, à proximité de la ville. Mais on y croit : la convention signée récemment prévoit jusqu’à deux hectares de mimosa cultivé made in Cannes si ce premier essai s'avérait concluant.

 

 


Isabelle Auzias