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journal n°630 - 15/03/2012
Cannes : du mécénat et des talents
La municipalité mise sur l'engagement des privés, et lance son Cercle des Mécènes.

dsc_8916_300"Il faut lier les talents. Les talents économiques aux talents artistiques et culturels" : Delphine Valette, récemment nommée responsable mécénat à la direction des Affaires culturelles de Cannes, croit en sa mission. "Les chefs d'entreprises ont envie de s'investir dans la vie de la collectivité, mais n'ont pas de projets concrets. Ils ne savent pas à qui s'adresser." Pour canaliser ces bonnes intentions trop rarement matérialisées en investissements, la cité des Festivals travaille à la création d'un «Cercle des Mécènes», groupe de partenaires réguliers et… influents.

Et la responsable a des arguments : outre la défiscalisation dont bénéficient les généreux donateurs, ils accèdent à "une envergure incroyable." Bien plus large que la simple visibilité de l’entreprise : "vous donnez pour l'action culturelle, vous soutenez votre territoire, vous agissez pour une action de solidarité», le tout dans des domaines qui ont «un fort pouvoir médiatique et d'image".
Au chapitre des projets mis en avant par la ville ? Soutenir l'école de danse Rosella Hightower, participer à la protection du patrimoine, épauler des compagnies artistiques ou encore s'investir dans l'accompagnement culturel des scolaires, "un concept qui a beaucoup de valeur, car l'objectif est de créer un socle culturel commun à tous les jeunes du territoire, ce qui manque aujourd'hui". Coup de cette dernière opération : 1.200€ par entreprise et par classe, soit seulement un peu plus de 400€ après défiscalisation, pour financer l'accompagnement des élèves pendant un an.

Et au cas où les arguments de Delphine Valette ne suffiraient pas, une ambassadrice de choix était présente pour faire un prosélytisme assumé auprès d'une quarantaine de décideurs, ce 15 mars dans le cadre prestigieux de la Villa Domergue : Anny Courtade, présidente de Lecasud,  la centrale d'achat Leclerc du sud-est, et surtout «pratiquante de la double-peine sponsoring/mécénat», qui a profité de cette rencontre matinale pour dire tout le bien qu'elle pensait de la démarche, sans oublier de mentionner les bénéfices que peuvent en tirer les donateurs. "Comme nous sommes toujours étiquetés marchands du Temple, il est très valorisant, à la fois pour l'entreprise et pour ses salariés, de faire autre chose. ça nous donne une image plus humaniste". Mais pas de pure philanthropie, il y a aussi des contrats à décrocher. Là où club de dirigeants il y a, les échanges d'affaires ne sont jamais très loin...

Lucie Lautrédou