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journal n°707 - 12/09/2013
Antibes : le port veut rester à flot face à ses concurrents
Pour faire entendre sa voix, le port (privé) Camille Rayon/Vauban s’est doté d’une association qui réunit entreprises, utilisateurs et désormais riverains. Objectif : être partie prenante d’un projet d’aménagement qui les concerne tous.

ASAP pour Association  de Soutien aux activités et à l’Aménagement du Port d’Antibes : le port, un microcosme au fort pouvoir économique et aux accents franco-anglais mêlés, fier de sa place de leader sur la plaisance européenne, inquiet aussi devant des acquis solides qui ne suffisent plus. L’ASAP ? 350 adhérents, dont une centaine d’entreprises, une audience grandissante, et quelques initiatives originales et déterminées, tel ce barbecue gratuit à l’attention des riverains organisé le 6 septembre dernier (voir notre vidéo), ou ce carnet de bord à usage des collectivités locales pour peaufiner le futur réaménagement des quais et alentours.

 

Pour le président Patrick Gilliot (Dolphin Wear), «les nouvelles ne sont pas bonnes. Notre rayonnement s’étiole, le site se dégrade, nous sommes en retard sur les services proposés aux plaisanciers. Jusqu’ici, nous étions des privilégiés en Méditerranée. Aujourd’hui, avec la montée en puissance de beaux ports comme Majorque (dessiné par Philippe Stark himself), Barcelone ou, plus proche de nous, Imperia, nous souffrons d’infrastructures surannées et nous ne pouvons pas accueillir les plus grands yachts…»

 

L’enjeu est pourtant crucial : le port Vauban représente 900 emplois directs (hors bateaux), du pêcheur à l’entreprise d’accastillage, et Antibes reste une place forte en matière de compétences marines au sens large. Car si depuis 2008, la conjoncture s’est durcie, jamais la demande en places de port ne s’est faite plus pesante, signe de la bonne santé du segment, même si le surcoût d’un anneau en France par rapport à d’autres destinations, comme la Croatie, ne joue pas en faveur des bassins azuréens.

 

Les professionnels s’unissent devant le manque de visibilité, et réclament un planning d’aménagements à réaliser d’urgence à une SAEM (société anonyme d’économie mixte), gestionnaire des lieux, qui se montre prudente devant l’ampleur des travaux à réaliser dans l’actuel contexte budgétaire. «Il en va de notre avenir, et de l’avenir d’une économie qui, pour la ville d’Antibes, est vitale.»

 

Sans vouloir attaquer la mairie de front, l’ASAP compte bien fixer un cap, à force de propositions et d’expertises. Et aujourd’hui, en s’ouvrant largement à un public plus «terrien», cherche à sensibiliser vent debout sur le potentiel économique et social du site. Patrick Gilliot le sait, «pour nous, il est déjà presque trop tard. Mais si l’on s’arrête à ce constat-là, on ne fait plus rien! Un projet de restructuration du port s’échelonne sur cinq à dix ans, et le nouveau port de Barcelone sera opérationnel en 2014… Alors oui, nous sommes en retard, mais nous gardons des atouts. L’objectif, c’est de reprendre notre avance, en matière d’esthétisme, d’architecture, de développement durable et surtout de services.» L’ASAP rendra sa copie l’année prochaine, dès les élections municipales passées.                

 

 

 

 

 

I.A.