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journal n°718 - 28/11/2013
Transmission : bien vendre… et bien acheter
Pour sa 9e édition, la soirée CCI dédiée a fait carton plein, avec plus de 200 inscrits. Un signe ?

Enormément de monde, cédants et potentiels repreneurs mêlés, si l’on en croit les jauges observées sur les deux ateliers proposés par les experts d’un soir, administrateur judiciaire, avocats, experts-comptables, spécialistes de la transmission… Et ça n’est pas un hasard : pour Laurent Lachkar, vice-président de la CCI, c’est d’abord le signe d’une réussite en «interne», une équipe consulaire qui désormais maîtrise son sujet et sélectionne ses intervenants, qui sait aussi toucher son public d’entrepreneurs.

Et puis, d’ici 10 ans, 28% des entreprises de la région PACA devront penser transmission (30% dans le commerce). D’où cette sensibilisation accrue dès aujourd’hui, impulsée plusieurs fois l’an par ces rendez-vous boulevard Carabacel. Ici, l’on mise sur une approche théorique, ateliers thématiques à l’appui, mais surtout sur les rencontres directes, lors des finales bourses d’échange et stands partenaires, banques ou professions du droit et du chiffre, pour un conseil précis et ciblé.

 

Les dirigeants étaient donc au rendez-vous en ce 26 novembre. Les cédants seraient-ils de retour, après une longue année d’attentisme et de discrétion ? Pour Laetitia Zerbib, au coeur des opérations pour la CCI, c’est un grand oui ! Avec un élément déclencheur de poids : ces fameux départs à la retraite en masse qui se rapprochent.

Et option repreneurs, parle-t-on toujours de pénurie ? Réponse de Gilbert Pazzaglia (cabinet comptable Axis Sodatec) : l’instabilité fiscale récurrente et le contexte économique avaient fortement grippé la machine.Et la situation s’enlise, alors que concomitamment, les niveaux d’apport personnel réclamés aux repreneurs augmentent à la demande des banquiers. Me Hubert Evrard (Barreau de Nice), complète : «il n’y a pas eu d’effet d’aubaine pour éviter le couperet fiscal de 2014… Sans vouloir plomber l’ambiance, il y avait 600.000 entreprises à céder en France en 2009, 750.000 aujourd’hui. Les stocks enflent.»

 

Côté candidats à la reprise, l’ambiance est studieuse, autour du bien nommé atelier «Rebondir en reprenant une entreprise en difficulté.» Encore faut-il se protéger des mauvaises surprises. En s’entourant de professionnels, avocats et experts-comptables, pour border au mieux l’affaire, et surtout en acceptant de s’investir dans de poussés audits préalables à toute décision, afin de poser le juste diagnostic sur les faiblesses et mettre en place une réelle stratégie thérapeutique pour assainir la structure.

Pour Me Xavier Huertas, il y a quelques interrogations d’usage à ne point omettre : où en sont les carnets de commandes ? Logique. Mais crucial dès qu’il s’agit d’aborder le volet financement…

Ultime conseil : «attention, aucune clause n’empêche un cédant de recréer une boîte similaire, forcément concurrente.» La donne, côté parts de marché, s’en trouverait faussée. Alors oui, certaines transactions, même sur de grandes difficultés, peuvent aboutir à de belles aventures. Si et seulement si le repreneur met toutes les chances de son côté…                

 

Isabelle Auzias


> Chez les artisans aussi...

 

Dans le cadre de cette semaine nationale de la création/reprise, la Chambre de métiers et d’artisanat s’est elle-aussi mobilisée.

 

L’artisanat dans les Alpes-Maritimes ? 33.000 entreprises. Dont 5.000 verront leur dirigeant partir à la retraite dans les cinq prochaines années. Conjoncture oblige, les repreneurs se font de plus en plus rares, et il faut en moyenne 20 mois pour vendre (contre 18 il y a encore deux ans). La transmission est donc un enjeu capital pour la CMA06 (qui recense 300 sociétés sur le marché, avec un turn over d’une centaine chaque année) dont les services accompagnent au quotidien les artisans dans la vente de leur entreprise.

 

cma2_300La Chambre consulaire a donc profité de la semaine dédiée, qui s’est tenue du 15 au 23 novembre, pour organiser une rencontre conviviale entre une quarantaine d’artisans qui cherchent à passer la main et de potentiels repreneurs.Des parties dont elle s’est préalablement assurée de la fiabilité du projet pour les uns, de la solidité du chiffre d’affaires et de la clientèle pour les autres.

Parmi les métiers les plus représentés, coiffeurs et fleuristes, mais aussi les pros du bâtiment… qui peinent à trouver des successeurs. Quelques belles touches ont néanmoins été réalisées, comme pour ce traiteur de Golfe-Juan qui pourrait bien passer le relais à une «repreneuse» prête à adapter son projet initial.

Pas d’affaire conclue sur place bien sûr, mais un premier contact établi, et surtout des participants qui seront suivis par la Chambre, qui propose même une convention de tutorat d’une durée de deux à douze mois renouvelables, «un gage d’accompagnement pour le cédant et le repreneur».

 

La transmission d’entreprise, c’est l’une des priorités du président Jean-Pierre Galvez. Les enjeux : pérenniser les savoir-faire, le patrimoine, et surtout entretenir le tissu artisanal local, particulièrement dans l’arrière-pays où il est synonyme de lien social et de renouveau économique. Et pour booster ces cessions synonymes d'avenir, la CMA06 prépare déjà un évènement dédié courant 2014.

 

 



Lizza Paillier