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journal n°711 - 10/10/2013
Le tourisme d’affaires, de la Côte d’Azur au Béarn
Le 3 octobre dernier, le Club Business 06 recevait les Palois du Club Prestige & Excellence. L’occasion de comparer les pratiques en matičre de tourisme d’affaires.

Certes la Côte d’Azur est, historiquement, une destination touristique où l’on vient profiter des plages et des pistes de ski, mais le tourisme d’affaires prend une place de plus en plus importante (rappelons que Cannes est la deuxième ville de congrès en France, après Paris). L’aéroport de Pau-Béarn, lui, fonctionne principalement grâce aux déplacements professionnels. Dans les environs, quelques belles entreprises comme Total, Safran ou Euralis. «De grands noms qui doivent être des ambassadeurs et amener des congrès», pour Christian Laine, vice-président de la communauté d’agglomération Pau-Pyrénées en charge du tourisme.

Parce que l’un des atouts de la capitale du Béarn, c’est justement son palais des congrès. Et des professionnels qui jouent le jeu façon package, d’après le directeur de l’office du tourisme Sylvain Langer : «les taxis, les restaurants, même les bars restent ouverts le soir en semaine, pour accueillir les congressistes.» C’est sûr qu’à Nice, quand on veut manger après 23h, on prend ce qu’il y a et on ne fait pas la fine bouche. Ça émerveille toujours autant les autochtones, alors imaginons les touristes, qu’ils viennent pour affaires ou non…

 

L’on évoque aussi la nécessité d’avoir un interlocuteur unique : «à Cannes, nous avons perdu le 3GSM à cause de l’incapacité des collectivités à les convaincre de rester, il y a trop d’interlocuteurs chez nous», se lamente Michel Chevillon, président des hôteliers cannois. Sylvain Langer qui, il y a un an encore, officiait sur Toulon, renchérit de façon imagée : «on dirait que plus on est né avec une cuillère en argent dans la bouche, moins on fait d’efforts pour travailler collectivement»…

 

Et en parlant d’être bien né, Michel Chevillon répond à Christian Laine : «non, ici nous n’avons pas tout.» Et d’évoquer l’enclavement de notre département,
l’absence de TGV, un aéroport qui manque de lignes régulières avec l’international, «indispensables pour attirer des professionnels», le prix des taxis («100€ pour un Nice-Cannes»), les problèmes d’embouteillages et de sécurité. Une multitude de contraintes auxquelles nos amis pyrénéens n’ont pas à faire face.

Frédéric Lévy, PDG de CFM Airplane, enfonce le clou : «à Pau, le terminal est ouvert 24h/24 mais il n’y a pas de compagnie d’affaires (NDLR : avant la sienne). Ici en revanche, les compagnies sont là mais à 20h l’aéroport est fermé. Il est donc impossible de dîner au restaurant avant de décoller de Cannes. Pour développer le tourisme d’affaires, encore faudrait-il pouvoir se déplacer !»

 

 

 

 



Lizza Paillier