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journal n°674 - 24/01/2013
La Métropole résiste à la crise... de rire
Christian Estrosi ne nous avait pas habitués à l'humour grinçant. Il s'est rattrapé lors des voeux aux acteurs économiques, de l'enseignement et de la recherche. Donc, innovons !

Le député-maire-président de NCA a le sourire. D'abord parce que le monde économique s'est déplacé en masse dans les salons du Radisson. Ensuite parce que l'année à venir, l'an II de la Métropole, se dessine politiquement sous les meilleurs auspices. Et qu'à deux pas de 2014, il s'agirait de ne pas bouder son plaisir. Bien sûr, côté conjoncture, ça n'est toujours pas la joie. Mais... Il est des signes encourageants, surtout pour le tourisme, qui ne sauraient tromper : Jeux de la Francophonie et sa myriade de prestigieux invités, 100è Tour de France en coeur de ville avec petite boucle autour de l'Allianz Riviera pour que le monde entier en profite par médias interposés, et année Matisse qui forcément passera elle-aussi par Nice, le temps est au grand bleu et les professionnels jubilent. Le surplus de comm' et d'événementiel qu'on lui reprochait parfois, Christian Estrosi en a fait un imparable outil de promotion applaudi par tous les pros du secteur tourisme. Un magicien on vous dit !

 

Et puis, l'opposition, ça vous requinque un homme : notre ex-ministre part en croisade dès cette semaine pour défendre à Paris un Small Business Act «à la française», qui garantirait aux entreprises locales une part du gros gâteau des marchés publics désormais européens et trop concurrentiels pour nos PME-TPE locales. Une pétition circule déjà pour épauler le Made in Métropole, une posologie recommandée par le rapport Gallois himself.

 

Un niveau d'investissement maintenu («car l'investissement public favorise l'investissement privé»), des aides financières à l'innovation, à la transmission d'activité, et d'imposants projets érigés en exemple, comme la zone du Roguez, à Castagniers, pour un potentiel de 20.000m² à bâtir et 200 emplois attendus, ou encore une constructibilité poussée à 500.000m² pour Carros. De l'optimisme donc, qui n'empêche pas les traditionnelles piques au gouvernement, le contraire eût même été décevant. Mais le président change de tactique, et utilise les ficelles de la dérision pour en découdre : d'où l'annonce de ce «Passeport Nice Côte d'Azur» pour y accueillir avec les honneurs les entreprises les plus méritantes (voir notre vidéo), «sur un territoire qui ne les attendrait pas au coin du bois avec une massue fiscale.» L'histoire ne dit pas encore si François Hollande, qui doit le rencontrer très prochainement, appréciera...

 


Isabelle Auzias