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journal n°691 - 23/05/2013
Médias, comment ça marche ?
Atelier hautement pratique lors du dernier Forum Networking à Sophia, où se sont réunis dirigeants, cadres et porteurs de projets pour des rencontres d’affaires non stop.

ia_24_mai_p3_300Ils étaient près de 350 pour cet après-midi placé sous le signe des affaires et du «matchmaking», prise de rendez-vous one to one entre participants pour générer de fructueux partenariats. Et si le speed business meeting et ses échanges de cartes de visite ou de compétences en quelques minutes ne revêt plus aucun secret pour ces habitués, il n’en va pas de même pour l’accès aux relations presse, auxquelles ce Networking 2013 consacrait un large atelier. En tribune, des journalistes, une agence de communication, et une entreprise témoin qui a su «utiliser» les médias sans service interne dédié. Première constatation: les dirigeants sont souvent frileux, bien qu’ayant compris l’impact de la presse sur la notoriété d’une entreprise ou d’un produit. Et ont du mal à différencier publicité et démarche journalistique. Et si toutes deux relèvent de la communication, il faudra comprendre leurs respectifs rouages pour ne pas commettre d’impair.

 

Le thème central de cet atelier animé par Isabelle Chiosi (SKEMA), où les responsables d’agences de com’ n’auront pas tiré la couverture à eux, et compris l’attente de petites structures en mal de budget dédié, surtout lorsqu’elles débutent l’aventure de l’entrepreneuriat. Valérie Arnulf (VcomK Consulting) n’aura pas hésité à offrir quelques conseils premiers en leur direction, leur proposant même un petit mémento sur les bonnes pratiques pour faire parler de leur entreprise. Avec la multiplication des supports médias (et le web en particulier), une mise au point s’impose.

 

 

Avant de s’élancer dans le cruel monde des médias, il faut apprendre à les maîtriser, les connaître, profiter de leur particularisme éventuel. Presse locale, économique, spécialisée, les leviers d’approche ne seront pas les mêmes. «Adaptez votre discours à chacun», nous dit Valérie Arnulf en professionnelle avisée. «Même si le sujet de base est le même, il faut apprendre à le décliner.» Ce qu’a su faire Jutta Seitz-Ferré (O Concept, Opio), qui a très vite proposé à la presse spécialisée des photos soignées, consciente de l’impact sur les supports web ou magazine. «Un budget, certes, mais beaucoup de retombées». Il faut dire que ses activités (décoration en mosaïque de façades ou de piscines) s’y prêtent. Alors, elle n’a pas fait l‘impasse sur un shooting. Pour le texte et les contacts, c’est du 100% maison, axé sur des angles précis à chaque envoi presse (inauguration, gamme produit, rencontres professionnelles d’architectes autour de l’entreprise…). Et ça fonctionne.

Ensuite, quand la machine est lancée, reste à assurer le suivi. Là encore, une bonne maîtrise des médias s’impose : veille via Google Alertes, Pickanews et autres, il faut savoir ce que l’on a déjà dit de vous. Le suivi, c’est aussi un beau carnet d’adresses remis à jour côté journalistes: il est assez facile, surtout en presse écrite, de détecter la plume qui vous correspond et qui, surtout, peut être intéressée par votre démarche. Pour diversifier vos recherches, il existe un autre atout : l’annuaire édité chaque année par le Club de la Presse Méditerranée, qui recense les principaux médias et les coordonnées directes des journalistes dans certains cas. Une petite pépite pour le communicant débutant.

 

Il faudra aussi faire la différence entre communiqué et dossier de presse : le premier est relatif à un événement ou une information précise (qui, quoi, quand, où comment, pourquoi?), il n’excèdera pas une page et sera bien ciblé, avec toujours un contact effectif pour ne pas laisser l’ami journaliste sur sa faim. Le second, plus difficile à concevoir, est un état des lieux historique, économique voire social de l’entreprise : sa rédaction est souvent confiée à un professionnel, tant le volume d’information est exhaustif et doit s’adapter, au contraire du communiqué, à un maximum de médias. Il peut être envoyé en complément de ce communiqué, mais sans obligation.

 

lp_24mai_presse_une_300Ce qu’il faut garder en mémoire ? Les bons contacts, qui correspondent à vos attentes: inutile d’envoyer une information économique à un critique d’art… Un conseil tout simple, et pourtant, côté journalistes, les 300 mails reçus chaque jour peuvent s’avérer plus que surprenants dans leur contenu… L’accroche doit être simple, claire, sans inutiles fioritures: pour Jacques Pugnaire (Club de la Presse – Nice Rendez-vous), «ne soyez pas timides, faîtes comme vous le sentez… Et n’oubliez pas l’image. De plus en plus de médias l’utilisent.» Et il faut s’y préparer. «Servez-vous d’internet, identifiez les mots-clefs qui vous correspondent, et quels sont les supports intéressés. Ce sont autant de pistes…»

Jean-Pierre Largillet (fondateur de WebTimeMedias) revient sur le pratique : «attention à vos envois, préférez des formats classiques, que l’on réussit à ouvrir.» C’est un fait, le pressé plumitif ne s’y reprendra pas à quatre fois pour profiter de votre prose… «Et surtout, ne demandez jamais à un journaliste de relire l’article avant parution, c’est une relation de confiance, ne l’oublions pas.» Et c’est une des différences entre presse et publicité. On ne relit pas, on ne paye pas non plus, le deal est clair et doit le rester.

«Attention aussi aux grands événements, comme le Festival du Film, ou les vacances, ça n’est pas forcément le bon moment pour lancer son communiqué, car la presse a la tête ailleurs…» Ca peut être aussi un atout, pour qui ose enfreindre la règle: des périodes plus calmes pour les non-cinéphiles qui peuvent déclencher l’intérêt journalistique… C’est un peu du quitte ou double, et là-aussi, la bonne connaissance des supports peut faire la différence. Enfin, pensez à respecter les timings de chacun, surtout en cas d’annonce d’un événement : trimestriel ou quotidien, les rythmes diffèrent et les envois itou. Deux à trois jours en amont pour les quotidiens, 10 jours au moins pour les hebdos, un à deux mois avant parution pour les mensuels.

 

Avec ces quelques conseils, le blacklistage devrait être évité et la coopération optimisée. Reste ensuite le facteur humain qui, encore une fois, dépendra de l’intérêt des uns et des autres. Lire la presse, c’est déjà prendre des points dans son parcours de bon communicant…

 

 

 

 

 


Isabelle Auzias