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journal n°684 - 04/04/2013
Marchés publics : stop ou encore ?
Depuis fin 2012, Jean-Lou Blachier est le médiateur des marchés publics : sans doute un poste-clé au niveau gouvernemental, mais des missions encore trop opaques pour les PME locales.

Il est venu accompagné de Françoise Rouquette, médiatrice déléguée à la région PACA, pour rencontrer des chefs d’entreprises principalement issus du BTP et de l’ingénierie. Ceux pour qui les marchés publics, ça compte… Sa mission : «jouer le rôle de facilitateur dans les relations entre les entreprises et les donneurs d’ordres publics, par le biais de médiations individuelles ou collectives, afin de régler les éventuels litiges pouvant survenir lors de l’exécution d’une commande publique.» Choc de simplification oblige, il devra aussi trouver des solutions pour ouvrir plus largement les portes de ces marchés aux TPE-PME locales. Et le tour de France de Jean-Lou Blachier est passé cette semaine par Nice, où il a convenu d’une certaine «rigidité» des codes des marchés publics qui prennent en défaut nos entreprises, dans un contexte où le chiffrage total des dépenses des collectivités se voit fortement revu à la baisse.

 

Pour lui, «un élément paraît primordial. Ne vaut-il pas mieux travailler avec des PME locales, pour éviter tout éventuel problème de service après-vente ?» Nos dirigeants, bien évidemment, acquiescent, tout en soulignant pour certains que dans la réalité, l’on est bien loin de ce vœu pieux. «D’où la mise en place d’un réseau d’experts, avec 30 médiateurs régionaux travaillant main dans la main avec les commissaires au redressement productif.» Et quelques encouragements à l’appui : «les marchés publics ont un gros avantage sur la commande privée, il y a peu de risques de ne pas être payé, même s’il reste le problème du délai…» Et c’est justement ce qui agace nos entrepreneurs du BTP, un peu pris à la gorge en fin de travaux.

 

 

 

Pour Honoré Ghetti, président de la CGPME 06, le problème est à résoudre encore plus en amont : «BPI, Oséo, crédit d’impôt, il faudrait nous expliquer concrètement comment se saisir de ces dispositifs, dont on ne connaît pas les détails.» Et de citer l’exemple des médiations du crédit, où peu, voire aucun dossier ne remonte jusqu’à la Banque de France, pourtant chargée, avec son propre médiateur, de concilier financeurs et chefs d’entreprises. «Une vraie problématique, puisque sur le terrain, il y a bien des soucis…»

 

Il faudra donc que ce médiateur-là, sur sa branche des marchés publics, se montre pédagogue et communicant. Car les doléances s’accumulent, surtout en nos régions frontalières, où la concurrence fait rage (même avec Monaco, qui, tout bien pesé, n’aligne pas les mêmes charges sociales que la France…). Simplifier, harmoniser, casser l’hégémonie des grands groupes, Jean-Lou Blachier s’y prépare, avec une première action : «je vais créer des ambassadeurs des marchés publics, des référents, chefs d’entreprises et experts, pour mailler les départements, sur le modèle des tiers de confiance de la médiation du crédit.» Ce qui ne règlera pas tous les problèmes, en particulier pour les entreprises innovantes, qui bien souvent ne peuvent répondre à ces appels d’offres pour la seule raison qu’elles sont… seules sur leur technologie. Encore un paradoxe propre à fermer de bien beaux marchés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Isabelle Auzias