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journal n°674 - 24/01/2013
Loi de finances : encore du lourd…
Plus de 360 experts-comptables étaient réunis à l’aéroport ce jeudi pour la traditionnelle explication des textes signée Jean-Pierre Cossin.

Du monde, tellement de monde que certains ont été contraints de rester à l’extérieur des salles réquisitionnées au Terminal 1 par la commission administrative des experts-comptables pour l’occasion. Et la récurrence de l’intervenant n’était pas pour déplaire: avec Jean-Pierre Cossin, les chiffres et les législations attenantes sont un peu moins lourds à digérer, tant l’orateur excelle. Et pourtant, cette année encore, pas de répit pour les professionnels, qui devront se montrer patients dans leur rôle de conseils soumis aux aléas des mesures et réformes imposées par les gouvernements successifs. Au menu, une pression fiscale qui se renforce et un management qui se complique pour les chefs d’entreprises.

 

Parmi les nouveautés remarquables et remarquées, la distribution des dividendes, côté SRL tout particulièrement, avec des entreprises qui pourront réfléchir, de fait, à un salvateur changement de statut… D’où la difficulté rencontrée par les experts du chiffre, qui ont bien du mal, au rythme soutenu où vont les choses, à s’assurer d’une vision globale et pérenne.

 

Autre paramètre, la fiscalité liée aux cessions de biens immobiliers ou de droits sociaux (actions…), où le prélèvement libératoire fait place à une autre forme de prélèvement (24% malgré tout, mais non libératoire): là-aussi l’impact sur les entreprises n’est pas négligeable, lorsqu’elles devront s’acquitter d’une sorte d’avance de paiement, ce qui risque de déstabiliser les trésoreries les plus faibles. Et puis, il y aura toutes ces sournoises «mesurettes», ces niches qui se réduisent comme peau de chagrin, comme le retrait du dispositif ACRE pour les créateurs d’entreprise, ou les changements de braquet pour les auto-entrepreneurs, qui devront se soumettre aux charges sociales même si leur chiffre d’affaires est nul. «De petits changements qui imposent en termes de conseil du cas par cas, et beaucoup de vigilance», souligne Hervé Forestier, le nouveau président de la Commission administrative des Alpes-Maritimes (voir encadré). Qui impliquent aussi de plus amples explications fournies aux chefs d’entreprises, forcément un peu perdus dans ces méandres législatifs et instables. Jamais l’expert-comptable n’aura été si précieux…        

 

 

Isabelle Auzias