««« Retour share
journal n°706 - 05/09/2013
L’immobilier clerc et Net
Comment concilier internet et sécurité dans la vente ou l’achat d’un logement ? En partenariat avec Min.not, les notaires se sont dotés d’un outil performant, encore trop méconnu du grand public, pour faciliter les transactions.

On connaît bien le rôle du notaire dès que l’étape du compromis est atteinte. On le connaît moins dans ses services en amont, bien au delà de la rédaction d’acte, de l’expertise immobilière à l’évaluation du marché, la mise en vente aux enchères ou la gestion complète de transactions, alors que s’ouvre l’ère de l’interactivité, grand défi de la prochaine décennie pour une profession qui entend bien «se dépoussiérer» et avancer avec son temps. Et pourtant… En d’autres terroirs, comme la Bretagne et plus largement le sud-ouest, la pratique est historique. Il faudra dans nos contrées faire un petit effort d’adaptation, préférer le juste prix à une potentielle roue de la fortune. Et profiter d’une toile aux multiples attraits, pour peu qu’elle soit sécurisée : l’objectif de Min.not, qu’il s’agisse de ventes aux enchères ou de toutes classiques acquisitions. Qu’il s’agisse aussi d’une alternative à ces deux modes de transactions, avec ces ventes interactives où le mieux disant n’a pas toujours le dernier mot. Mais où, en huit à dix semaines, avec un interlocuteur unique -le notaire-, plus de 75% des biens trouvent preneurs selon les plus récentes statistiques, sur un marché immobilier que l’on sait grippé. Conseils juridiques, recherches ou évaluations, l’officiel portail internet dédié des notaires mise sur une transparence accrue et des résultats probants. Petite plongée dans l’univers de www.immobilier.notaires.fr, et focus sur Min.not (Marché Immobilier des Notaires), structure spécialement créée par la profession dont l’une des antennes est installée à Nice.

 

 

ia_6_sept_notaires_p3_300Alternative aux adjudications, qu’elles soient volontaires ou judiciaires, comment se déroule une vente interactive? Explications de Jean-Michel Chatain, responsable du service ventes aux enchères Min.not : «c’est une démarche du vendeur, une vraie volonté de confier la négociation à un notaire ou à une étude (par mandat), dont la première mission sera de fixer une estimation du bien mis en vente. Un réel travail d’expertise, pour s’adapter précisément au marché local. Les lots sont ouverts aux visites, à dates et heures fixées (trois rendez-vous en général), pour permettre aux éventuels acquéreurs de revenir avec un conseil.» Il faudra alors remplir une demande d’agrément, pour avoir accès à la vente interactive : en l’absence de consignation (comme sur une adjudication classique), cet agrément est là pour garantir au vendeur une véritable implication du potentiel acheteur. Date est alors prise pour la vente sur le net : d’une validité de 48h, elle permet de proposer son prix, qui devra se rapprocher de l’estimation préalable pour être pris en compte. Bien évidemment, l’enchère la plus haute est le plus souvent celle qui sera retenue, mais pas toujours… Des conditions suspensives de crédit, par exemple, peuvent faire pencher la balance du vendeur vers une autre offre.

 

Pour Me Laurent Rose, notaire à Nice et vice-président de la Chambre, «c’est la possibilité d’acheter au juste prix, et de vendre dans des délais somme toute très raisonnables. Et fixes, sans surprise.» Il fait partie des 5% de professionnels maralpins à assurer lui-même les expertises immobilières, toujours sous contrôle du Min.not. «L’autre avantage, c’est le coût de la transaction par rapport à une agence immobilière. Passer par le Min.not revient deux fois moins cher côté frais, ce qui peut intéresser acheteur et vendeur.»

Jean-Michel Chatain acquiesce : «certains vendeurs viennent vers nous après s’être essayés à la vente traditionnelle, via une agence ou de particulier à particulier. En se trompant sur l’estimation de départ, ou en se montrant trop gourmands, ils ont simplement… perdu du temps. C’est le marché qui donne les prix. Et nous devons jouer notre rôle de modérateur, surtout dans cette région… Nous sommes des accompagnateurs.» Quelques exemples niçois montrent pourtant que les propriétaires ne sont pas lésés : un immeuble du centre ville, estimé à 2,3M€, s’est vendu cette année 3,1M€. Et un appartement, sur le Quai des Etats-Unis, a été adjugé 1,3M€ pour une mise à prix frôlant les 680.000€.

 

Me Jean-Charles March, président de la Chambre des Notaires des Alpes-Maritimes, veut, lui, insister sur le côté sécure de ces transactions dématérialisées suivies clic par clic par la profession. «Aujourd’hui, les fraudes sur le net sont omniprésentes. Le fait que la vente soit pilotée par un notaire offre des garanties aux deux parties. Et beaucoup de transparence: lors des pré-visites, tout est mis à disposition du potentiel acheteur, diagnostics, règlement de copropriété, documents divers… Nous sommes dans notre rôle de conseil, la rédaction d’acte, obligatoire, n’arrive qu’en fin de parcours.» Jean-Michel Chatain renchérit: «c’est un peu comme eBay, mais avec la sécurité juridique en plus. D’ailleurs, nous postons nos annonces sur leboncoin, avec un renvoi vers notre propre site.» Que de chemin parcouru depuis quatre ans, date à laquelle la profession s’est réellement impliquée dans la vente interactive (la première s’est déroulée à Lyon il y a 12 ans). Un long travail de pédagogie, qui commence à porter ses fruits, et qui devrait très vite s’imposer, comme c’est la cas dans la plupart des pays anglo-saxons. «Non, nous ne sommes plus cantonnés aux ventes aux enchères traditionnelles, même si nous continuons les séances d’adjudications 100% physiques, toujours très prisées des collectivités, où les résultats sont immédiats et sans appel.» Des ventes publiques qui, à Nice, pour le premier semestre 2013, ont présenté 20 biens en dix séances, pour 12 lots vendus. Prochain rendez-vous le 23 septembre à la Chambre des Notaires. Là-aussi, il faudra bien se renseigner au préalable, sur le site dédié. Et pourquoi pas en profiter pour se pencher sur l’immo-interactif ?

 

 

 


Isabelle Auzias

 

Photo : Laurent Rose, Jean-Charles March et Jean-Michel Chatain

 

+ d’infos sur www.immobilier.notaires.fr