««« Retour share
journal n°653 - 20/08/2012
Jazz > Seb Chaumont : «la Dream Team, ça n’existe pas»
Et pourtant, à écouter notre quartet niçois, certains s’y sont laissés prendre…

Fantastic ! Le cri du cœur pour Shirley Bunnie Foy, qui leur a fait l’honneur, lors du dernier Nice Jazz Festival, de les accompagner sur scène pour un titre… Sa façon à elle d’exprimer sa fierté devant cette génération montante, étonnante, détonante. Elle qui fréquenta le gotha du jazz, ne lui parlez pas ici de «petits jeunes» : «ils sont grands, très grands ! Je les suis depuis des années, c’est la nouvelle génération qui fait vivre la musique…» Le français est hasardeux, mais l’admiration évidente, pour ces «petits» Niçois qui revendiquent avant tout un savoir-être. Et beaucoup de boulot. «Nous sommes des prolos de la musique, dans une ville où ça n’est pas toujours facile» complète Seb Chaumont, leader par collective délégation d’un combo atypique et swinguant. Un quartet instrumental qui a enflammé le Théâtre de Verdure lors du dernier Nice Jazz Festival. Quartet ? Sur scène, à leurs côtés, une chaise vide, celle de François Chassagnite, que tous sollicitent lors des concerts pour booster le rythme et les cœurs… C’est aussi cela, le Seb Chaumont Quartet, une histoire de talent, une histoire de copains, sans petits mouchoirs mais avec un infini respect. Et l’envie commune de dégripper les rouages d’un jazz par trop conventionnel, trop policé, trop encadré à leur goût. Il en est ainsi d’Olivier Slama au piano, compositeur et virtuose grand amateur de hard bop, de Max Miguel à la batterie, (re)connu aussi pour ces digressions brésiliennes, de Seb Lamine à la contrebasse, qui délaisse, pour suivre l’aventure, sa quatre cordes aux accents rock. «Cette musique, c’est un héritage, il existe plein de façons de la jouer, et nous avons choisi la nôtre» : pour Seb Chaumont et son sax, l’osmose idéale, l’envie de travailler ensemble, de s’amuser aussi, de se comprendre pour mieux s’entendre. Une vraie philosophie, pour un musical bol d’air frais, sans contrainte, sans tension, sans cliché. Blues, soul ou jazz, même combat, même arène : du travail, encore du travail, de l’ouverture aux autres, qu’ils soient sur scène ou ailleurs. Alors oui, s’il ne s’agit pas d’une Dream Team, il y aurait quand même comme un cousinage…

Isabelle Auzias