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journal n°710 - 03/10/2013
Immobilier : vers un peu d’optimisme ?
Un fléchissement infime des prix, et une activité qui semble reprendre, d’aprčs les chiffres du troisičme trimestre de la FNAIM Côte d’Azur.

Pour le marché de la revente, nous avons quelques légers motifs d’optimisme, ça nous change des trois ou quatre semestres précédents»: le président Pelou a livré ses chiffres, épaulé par Cyril Messika pour cette premier point d'étape dans leurs tout nouveaux locaux.

 

Pour ce troisième trimestre, les prix fléchissent  de 2% sur Nice, Antibes et Cannes, en moyenne glissante sur un an. Seule exception, Menton, avec seulement -0,41%. Pas de quoi s’enflammer : «2%, ça n’est pas une baisse, c’est une stagnation. L’écroulement des prix tant attendu n’a pas eu lieu, et n’arrivera pas.» Mais les pros locaux constatent tout de même une légère reprise de l’activité, avec beaucoup de visites ces temps-ci : «les acquéreurs s’impatientent, justement parce qu’ils ne voient toujours pas cet effondrement des prix se profiler. Du coup, ils se décident à acheter maintenant, avant que les taux ne remontent.» Peut-être aussi que davantage de bien sont libérés grâce au nouveau régime fiscal sur les plus-values, entré en vigueur le 1er septembre, plus favorable aux vendeurs.

 

Mais attention : en ce moment, si l’on achète un bien, c’est pour l’habiter. «Avec la loi ALUR, les investisseurs locatifs ont quasiment disparu du paysage». Car hormis le point sur les chiffres, c’est surtout le texte de Cécile Duflot que Frédéric Pelou voulait commenter. S’il reconnaît volontiers que tout n’est pas à jeter dans la loi ALUR, notamment en matière d’urbanisme avec le haro sur les recours abusifs, et la mise en place de PLU à l’échelle intercommunale, qui «donneront une vision d’ensemble des programmes immobiliers», ou sur la réglementation de l’accès et de la formation aux métiers d’agent immobilier, de gérant locatif et de syndic, Frédéric Pelou a en revanche dans le collimateur les deux mesures-phares de la loi : l’encadrement et la garantie universelle des loyers.

 

Rappelons que dans chaque département, un observatoire des loyers (dont la FNAIM 06 s’est retirée pour montrer sa désapprobation) est chargé de calculer un loyer médian. La loi prévoit que les propriétaires ne pourront plus louer à un prix supérieur à 20% au-dessus de ce loyer médian. «C’est une aberration, surtout dans notre département ! On ne peut pas comparer le loyer d’un appartement sur la Promenade des Anglais à celui d’un bien à Contes !» Trop de disparités qui n’incitent pas à mettre son bien en location. D’autant qu’à l’inverse, la loi ALUR prévoit que le loyer d’un bien loué plus de 30% sous ce loyer médian pourra être réévalué en cours de bail et augmenté par le propriétaire, ce qui posera inévitablement des problèmes aux locataires aux revenus très modestes. Un frein pour les investisseurs d’un côté, une menace pour les locataires de l’autre : «cette loi ALUR met encore plus dos à dos propriétaires et locataires, c’est une erreur. La FNAIM n’est pas opposée à cette notion de loyer médian, mais pas par département : il faut le calculer à l’échelle d’un quartier, d’une rue même.»

 

Concernant la garantie universelle des loyers, la FNAIM estime qu’elle coûtera bien plus cher que prévu, et risque de déresponsabiliser le locataire : pourquoi payer, alors qu’on est assuré ? «La GUL ne verra jamais le jour, même si le concept n’est pas inintéressant, c’est une usine à gaz.»

 

 

 

 

 


Lizza Paillier