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journal n°658 - 25/09/2012
Immobilier ...résolument immobile
Si même la pierre ne roule plus, que vont devenir les milliers d’actifs en recherche de logement ?

Sale temps sur les chiffres de la FNAIM 06 : la forte baisse d’activité amorcée au trimestre dernier se confirme. Dans les agences, on parle d’une régression de 30% sur les transactions enregistrées… Signe tangible de cette morosité : le nombre de créations de cartes professionnelles est lui-aussi en baisse (une quinzaine par mois depuis le début de l’année, contre plus de 20 en 2011). On ne parle pas encore de fermetures d’enseignes, mais les prétentions salariales seront forcément revues et corrigées. De quoi inquiéter Frédéric Pelou, président de la puissante FNAIM locale, dont les 700 adhérents tirent un peu la langue. Bien sûr, les premiers impactés seront sans doute les individuels. Moindre mal ? Ou re-professionnalisation du segment ?

 

Qu’arrive-t-il donc à notre immobilier, qui pâtit forcément des durcissements fiscaux de rigueur ? Si Cannes ou Menton offrent des marchés moins tendus, c’est que les biens à vendre n’y sont pas les mêmes. A Nice ou à Antibes, là où les chutes sont les plus flagrantes, on sent bien le malaise. Même si les prix, eux, ne semblent pas souffrir de cet essoufflement : il y aura toujours demande, et la stabilité est donc de mise (à Nice, prix moyen du m² à 4.293€ contre 4.198€ au deuxième trimestre 2012). Pour Frédéric Pelou, «les actifs sont bien les premières victimes de ce marché qui se grippe. En second lieu, et par effet de cascade, ce sera au tour des collectivités d’en souffrir dans leurs budgets à venir…» Alors, il y a bien sûr les dernières annonces gouvernementales : «le nouveau dispositif d’investissement locatif proposé par Cécile Duflot ? Le neuf passe une fois de plus devant la revente.» Or en nos terres, la revente représente quelque 80% des transactions. Pour nos professionnels, le projet de la ministre (des réductions d’impôts pour tout bailleur concédant à louer avec une ristourne de 20% par rapport aux prix du marché) va dans le bon sens, certes. Mais concerne, au final, bien peu de monde. Et la FNAIM de brandir son propre dispositif, le Bail puissance 3, pour sortir de l’impasse (voir notre vidéo).

 

Côté perspectives ? On fait grise mine au siège de la fédération : la situation ne devrait pas s’améliorer. La FNAIM, qui avait entériné 8.000 ventes en 2011 sur le département, table sur un timide prévisionnel de 6.000 cette année. Et les rumeurs d’éventuelles taxations supplémentaires sur les résidences secondaires enfoncent le clou : plongé dans l’incertitude fiscale, l’étranger averti retire de lui-même ses biens du marché. Et grippe encore un peu plus la machine locale. Les ministres discutent, les actifs trinquent…                

 

Isabelle Auzias