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journal n707 - 12/09/2013
Immobilier : pour que les prix baissent, il faut construire !
Le leitmotiv de Jean-Marie Ebel, prsident de lObservatoire immobilier dhabitat Cte dAzur (OIH), lors de la prsentation du bilan du premier semestre 2013.

Des prix trop élevés et une crise structurelle de l’offre : les raisons des (toujours) mauvais chiffres de l’immobilier dans les Alpes-Maritimes. Les professionnels de l’acte de bâtir, réunis au sein de l’OIH, ont dressé un bilan plus que mitigé de cette première moitié de l’année, et les perspectives sont moroses. En 2012, les ventes étaient au plus bas depuis 30 ans. La faute aux mesures à venir ? Toujours est-il que les investisseurs sont frileux.

 

Pour ce début 2013, du côté de la revente, on accuse un repli  de 4% du volume des transactions par rapport à la même période en 2012 (-21% sur l’année glissante), avec en parallèle un fléchissement des prix de 2%, faisant ainsi repasser la moyenne sous le seuil des 4.000€/m². 

Concernant le neuf, si les ventes ont progressé de 8% par rapport au premier semestre 2012, cette éclaircie doit être modérée par la dégringolade observée sur quatre trimestres consécutifs, soit -27%. A noter que cette diminution touche plus spécifiquement les biens dont le prix est supérieur à 4.500€/m² (-25%), alors qu’à l’inverse, on enregistre une hausse (+16%) des logements du secteur libre sous la barre des 4.500€. Mais avec 1.464 dossiers bouclés, le volume global des ventes dans le neuf reste faible. L’inquiétude des promoteurs, représentés par Michel Puy, se traduit par une baisse significative des mises en vente: -15% par rapport au premier semestre 2012, -31% sur l’année glissante. Quant aux prix, la diminution globale de 3% est à nuancer : "c’est le reflet de la mixité", 8% des ventes concernant le secteur encadré, donc les opérateurs sociaux. «Construire est le meilleur moyen de peser sur les prix», scande désespérément Jean-Marie Ebel, «mais les mesures prises depuis un an n’y incitent pas».

 

Du coup, nos professionnels sont inquiets : agents immobiliers, promoteurs, mais aussi banquiers et professionnels du bâtiment, tous scrutent avec attention les mesures gouvernementales dédiées et en particulier le projet de loi Duflot pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR), examiné ce mardi à l’Assemblée.

 

 

Encadrement, garantie des loyers... Une loi Duflot qui a de l’ALUR ?

 

Ce 10 septembre, juste avant la présentation du projet de loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) à l’Assemblée, les professionnels azuréens de l’acte de bâtir se sont exprimés au sujet de ces mesures.

 

Pour Cyril Messika (président adjoint de la FNAIM Côte d’Azur), «on n’a pas attendu la loi, les loyers baissent depuis le début de l’année de manière importante. Cela s’explique notamment par le ralentissement des transactions : certains propriétaires mettent leur bien en location. D’où une offre locative plus importante.
La loi d’encadrement va être difficile à mettre en place compte-tenu de la typologie des biens : chaque bien est différent... Ça nous paraît totalement utopique, mais si elle parvient à diminuer de plus d’un quart de montant des loyers, ça va faire fuir les bailleurs, du fait d’une faible rentabilité, créant par la même occasion une pénurie de logements… Et donc une nouvelle pression sur les loyers.»

 

Concernant la garantie universelle des loyers ? «C’est séduisant sur le principe mais qui va la financer ? Le locataire et le bailleur, 1% chacun. Comme sur la GRL, on va pouvoir réclamer un taux d’effort jusqu’à 50%, c’est totalement absurde.»

Pour Jean-Marie Ebel, «ce qui est très inquiétant, c’est que tout va être géré par un établissement public. Si c’était le privé qui gérait, on aurait une réalité économique un peu plus affirmée… L’impact a été mesuré à 700M€, mais on se trompe dès le départ dans les grandes largeurs : le taux de sinistralité effectif est de 4 à 4,5%, et ils se sont basés sur du 2,5%…»

 

 

 

 

 


Lizza Paillier