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journal n°673 - 17/01/2013
Immobilier : l’activité baisse, pas les prix
Traditionnel point d’étape pour la FNAIM 06, sous de tristes augures en cette rentrée morose. Rien ne va plus depuis le deuxičme trimestre 2012.

Le décrochage des actifs : la menace est aujourd’hui effective, et le marché se ferme côté primo-accédants. Incertitudes économiques, érosion des financements, disparition de certains dispositifs parfois salvateurs (prêt à taux zéro dans l’ancien), nouvelles et futures contraintes fiscales, la pierre paie un lourd tribut sur l’autel des successives réformes. Une sorte de «crise de foi» qui touche aussi les investisseurs, en mal de confiance devant l’absence de mesures incitatives qui pourraient, seules, leur rendre le moral. Pour Frédéric Pelou, président de la FNAIM 06, la messe est dite : «jamais la barque n’a été aussi chargée. On pourrait s’accommoder d’un paysage sans aide, sans levier, sans booster, mais pas d’un paysage désolant.»

 

Et si les prix observent une tendance baissière partout en France, ça n’est certainement pas le cas pour la Côte d’Azur et l’Ile de France, qui résistent avec une variation infime (de 0 à -2%) et des vendeurs qui, même s’ils s’avouent prêts à certaines négociations, seraient plutôt tentés d’attendre des jours meilleurs. D’où une forte diminution de l’activité sur les marchés, voire un pur blocage qui fait craindre le pire. Sur Nice, -25% de biens vendus entre 2012 et 2011… Idem, quoiqu’un peu moins marqué, sur Cannes (-10%), Antibes (-12%) et Menton (-9%).

Les professionnels, eux, tirent la sonnette d’alarme : «Qu’attend le gouvernement ? Les 300 ou 350.000 transactions qui manquent en France à l’appel du marché, ce sont autant de familles qui vivent mal, dans des conditions inadaptées ou loin de leur lieu de travail, des personnes âgées qui ne pourront ajuster leur habitat, des locataires qui n’accéderont pas à leur projet. L’Etat ne peut pas prendre le seul parti de solliciter fiscalement et financièrement le logement, surtout s’il n’a pas les moyens de lui mettre du baume au cœur. Pas de PTZ dans l’ancien, pas de déductibilité, pas de TVA incitative, pas d’espace fiscal privilégié pour les plus-values… La France est désormais privée d’un marché du logement démocratique.» Les mots sont durs et les visages tendus.

 

L’espoir viendra d’en haut : «un retour à l’activité ne peut se concevoir que par un geste fort de l’Etat.» Autrement dit, tant que Cécile Duflot n’aura pas rendu sa copie sur la nouvelle donne immobilière, réglementation de la profession comprise, il n’y aura pas d’embellie. Le premier semestre 2013 s’annonce donc difficile.

 

 


Isabelle Auzias