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journal n°698 - 11/07/2013
Habemus Préfet !
Adolphe Colrat a officiellement pris ses fonctions le 8 juillet après 22 mois passés dans la Manche. Un énarque «de terrain» qui veut mettre l’été à profit pour découvrir son nouveau biotope.

Contrairement à quelques-uns de ses illustres prédécesseurs, le préfet Colrat n’affiche aucune attache avec notre département, si ce n’est des études et une carrière où il eut parfois l’occasion de croiser Anne Boquet, actuelle Directrice générale des services de la Métropole. A peine intronisé, le voilà rappelé à Paris pour une réunion inter-préfets à Matignon. Aussi a-t-il mis ses quelques heures disponibles au service de sa priorité absolue, la sécurité publique. Et s’il se montre discret sur l’avenir de nos radars-tronçons, il se veut d'ores et déjà implacable côté délinquance routière.

 

Deuxième enjeu : l’emploi des jeunes. Il suivra sans doute la voie ouverte par Christophe Mirmand dans une défense inconditionnelle des Emplois d’avenir et des Contrats de génération, mais à coup sûr, les réticences seront ici plus marquées que dans la Manche… «Il faut que cet outil trouve son plein essor, et je ne me résignerai jamais», confie-t-il lors de sa première rencontre avec la presse locale.

 

De la défection de certaines figures politiques, remarquées absentes lors de son officiel sacre au Monument aux Morts de Nice, il ne fait pas grand cas : «c’est à moi de me présenter et de faire le premier pas…» Une humilité qui lui sera fort utile dans ses nouvelles fonctions. LGV, gens du voyage, fréquentation estivale et ses incidences sur l’ordre public, l’été sera chaud, mais l’homme est serein : quand on vient du Mont Saint-Michel, la Prom’ ne paraît pas si effrayante.

 

Ni feuille de route, ni dossier sous le bras : le préfet Colrat veut d’abord humer l’air du pays, rencontrer ses acteurs politiques, économiques, syndicaux avant que de se lancer dans l’arène. Lui qui prône les vertus de l’alternance entre territoriale et administration centrale, issu de la même promo que son homologue varois, veut prendre son temps et travailler dans la confiance. Il n’aura guère plus que l’été pour le faire : au rythme où passent les préfets, chez nous, s’atteler à de solides relations est parfois bien illusoire. Il reste la solution de consensus, qu’il semble apprécier malgré ses fortes valeurs républicaines (et sa voix de stentor sur La Marseillaise, voir notre vidéo) : «il y a les textes, il y a la loi, et puis il y a la réalité. Notre mission, c’est de trouver une solution dans l’intérêt général, en surmontant les conflits et les aspérités du terrain.» Une philosophie qui va vite, très vite, prendre toute sa saveur…

 

 



Isabelle Auzias