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journal n670 - 20/12/2012
La Gaude : IBM mon amour
La runion tant attendue pour trouver des solutions au maintien in situ des salaris et activits a bien eu lieu. Avec son lot de surprises. Et d'absents.

Ni syndicats, ni direction. Chacun reste sur ses gardes. Mais personne ne ferme de porte. Michel Meïni, maire de La Gaude, aura au moins réussi le tour de force de réunir autour de la table des élus aux convictions d'ordinaire diamétralement opposées. Une première victoire, avec un petit goût amer en bouche : quid de Dominique-Claire Mallemanche, sous-préfète des lieux, qui avait répondu favorablement à l'invite? Quid de Roger Reuter, commissaire au redressement productif PACA, pourtant pile poil dans ses attributions ? Quid enfin du Conseil général, annoncé itou, brillamment absent ? Les bons élèves? Pascale Gérard et Patrick Allemand pour la Région, Marc Daunis pour Sophia et le sénat, et surtout Louis Nègre pour la Métropole venu porter la bonne parole estrosienne: «la priorité des priorités, c'est de conserver IBM à La Gaude, sur son site historique, avec ces relations particulières, affectives.» L'arme pour se lier, sinon à vie, du moins le plus longtemps possible, au groupe américain : la séduction tous azimuts. «C'est pour cela que nous sommes prêts à travailler ensemble, au delà des clivages politiques.» Dont acte : de gauche à droite, tous ont initié le comité de suivi qui accompagnera les IBMers sur les chemins de la pérennité azuréenne.
Michel Meïni, lui, compte et recompte les propositions qui devraient faire tomber la mariée en pâmoison : baisse significative des loyers, en concertation avec les propriétaires (ou nouveaux propriétaires) du site, arrivée de nouvelles entreprises, réorganisation des locaux et adjonction d'une école d'ingénieurs, le coup de torchon est dynamique. Et semble convenir à notre équipe de serial sauveurs. Frédéric Allard, directeur d'IBM La Gaude, entendra-t-il les sirènes ? Il les écoute, et c'est déjà un grand pas vers la réconciliation.


Et Marc Daunis, l'allié de toujours malgré une possibilité de repli de l'ensemble du groupe en ses terres qu'il ne veut envisager, de renchérir: «notre préoccupation première, c'est l'emploi, et le bien-être des salariés. Là est notre part d'ouvrage.» Notre sénateur s'est aussi fendu d'un dossier qu'il partage avec Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici et Fleur Pellerin sur cette reconquête réussir absolument sous peine de voir notre département s'enliser dans la contre-performance.
S'il est un heureux ce consensus et cette réciproque écoute, c'est bien Michel Meïni, qui voit son projet d'accueillir une école d'ingénieurs réputées en ses murs accepté sans trop de grincement de dents des puissances du littoral. Déjà presqu'un tour de force en soi. Mais surtout une belle dot à rajouter au trousseau : des services, des collectivités qui cocoonent, des charges qui baissent, des jeunes recrues formées à disposition, des preuves d'amour venues d'un pays où la pudeur d'ordinaire fait loi, ça ne se refuse pas...

Isabelle Auzias


Dernière minute !
 Si c'est une blague, elle est du plus mauvais goût. Si ça n'en est pas une, nous nous préparons des lendemains qui chantent : comme relaté ci-contre, alors qu'à La Gaude, les élus jurent en choeur que l'important, c'est La Gaude, on joue une autre mélodie en sous sol: paraîtrait-il qu'à Paris, au même moment, se tenait une réunion de présentation du projet IBM... sur la Plaine du Var, réunion drivée par la Métropole devant les instances nationales du groupe ! Et l'on murmure qu'un accord serait même déjà signé ! Triple buse, et dire que personne n'a pensé à téléphoner à Louis Nègre... D'un autre côté, l'on comprend mieux désormais l'attitude d'un Conseil général sur la réserve.