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29/03/2012
FINANCE Il faut sauver l'assurance-vie

«Un outil d'accumulation d'épargne formidable!» C'est avec sa conviction et son charisme légendaires que Jean Aulagnier, président de l'Association universitaire de recherche et d'enseignement sur le patrimoine, a défendu son produit d'épargne favori, devant les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) ce 17 mars à l’invitation de Patrick Levard. Enfin, produit d'épargne… Dans assurance-vie, il y a assurance. Et pour être qualifié comme telle, le contrat doit comprendre un objet, et couvrir un risque. Pas question de désigner une association qui ne souffrira pas de la disparition du souscripteur comme bénéficiaire par exemple.
Une formule qui présente de nombreux avantages fiscaux, tout en assurant un risque modéré et une disponibilité permanente de l'épargne. Avec une rentabilité moyenne, certes, mais la sécurité a un prix. «L'assurance-vie est un instrument de vie ! Ce qui m'intéresse, c'est de pouvoir puiser dedans, avant de penser à ma mort, je pense évidemment à ma vie», vante le «fanatique». «Un instrument de protection, pas de transmission». Pourtant son caractère non-successoral permet à certains bénéficiaires de contourner les règles habituelles en vigueur, en désignant un bénéficiaire au détriment des autres descendants. De quoi susciter «aigreurs et rancoeurs». Une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) a même été présentée à la Cour de cassation. Sa réponse ? La question n'est pas sérieuse. «La Cour a bloqué le système. Forcément, elle n'allait pas se déjuger. C'est très grave, la doctrine le souligne, et cette position laisse préjuger de l'avenir» alerte le doyen. Mais l'enjeu est devenu systémique, même la Cour des comptes s'y est penchée. «On est allés tellement loin qu'on ne peut plus revenir en arrière, on est en train de faire n'importe quoi avec l'assurance-vie, on scie la branche sur laquelle on est assis...»