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journal n°674 - 24/01/2013
Feuille de route > L’UPE 06 monte au front
Le bras politique armé de la CCI se renforce en cette année pré-électorale. Les combats sont nombreux, et les troupes rassemblées. En soutien actif d’Yvon Grosso, Honoré Ghetti, président de la CGPME départementale.

Nous avons besoin de communication. Car les politiques ont beau dire qu’ils nous aiment, ça n’est pas toujours le cas dans les actes.» Le ton est donné. Et le ton a changé… Yvon Grosso sort les griffes, devant les prémices d’une économie en perte de vitesse: BTP, immobilier, commerce, certaines branches ont déjà accusé le coup. Sur la sellette : des mouvements politiques et fiscaux prompts à déstabiliser le tissu local, qui sera plus largement impacté dès le premier semestre 2013. Le président de l’UPE prévient : «attention, les investissement dévissent! On s’attend d’ores et déjà à une baisse de 30% en volumes.» Et les perspectives sur l’emploi ne laissent rien présager de bon. Alors ? Haro sur les «usines à gaz» législatives imposées par les différents gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite. «Pour l’instant, c’est le choc fiscal, pas le choc de compétitivité annoncé. On nous parle d’un avoir de 20Mds€ pour alléger les charges des entreprises, mais comment sera-t-il redistribué ? On n’en sait toujours rien…»


La révolte gronde sur le patronat. Honoré Ghetti propose : «les banques ne prêtent plus, il faut agir.» Et de demander au préfet la mise en œuvre d’une «commission d’action» pour étudier au cas par cas les besoins des entreprises en financement… et y répondre (voir notre vidéo). Testée dans le Loir-et-Cher par la CGPME, cette plateforme d’un nouveau genre y aurait sauvé 800 emplois. De quoi faire rougir d’envie notre actuel médiateur du crédit…

 

 


La trêve des confiseurs a semble-t-il reboosté notre patron des patrons : oui, c’est officiel, Yvon Grosso se présentera bien à sa propre succession en juin prochain pour trois ans. Et a déjà quelques idées en tête : pèle-mêle, faire du site bientôt déserté de Texas Instruments «un mini-Sophia axé sur la santé et les télécoms, avec une incitation forte à la création d’entreprises, et si les cadres de TI ont des projets, nous sommes là pour les accompagner.» Et d’enchaîner sur une inattendue desserte routière Saint-Isidore/Sophia, sorte d’A8 bis remise au goût du jour. Il s’agira surtout de continuer à militer pour une baisse sensible de la fiscalité, TVA sociale incluse, et son corolaire induit : la réduction des dépenses publiques.


C’est que l’espoir viendra bien des politiques, et de ce récent accord salué sous conditions par l’UPE et la CGPME concernant «un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité et de l’emploi» : sécurisation des entreprises face aux aléas des carnets de commandes, procédures simplifiées aptes à diminuer la «peur de l’embauche» dans les TPE-PME, ressources humaines repensées pour faciliter la mobilité contrôlée des salariés, complémentaires santé obligatoires, la mariée est belle et les témoins contents. Encore faudra-t-il consommer l’union, en ratifiant ledit accord au plus vite sans taper dans le trousseau… L’alliance est dans les mains du Parlement.

 

 

 


Isabelle Auzias