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journal n692 - 30/05/2013
Entreprises, sportez-vous mieux
La performance, physique ou entrepreneuriale, a se travaille. Loccasion de rapprocher deux mondes parallles aux vertus communes, travers le regard dun hybride, Stphane Diagana.

A l’initiative de Pôle Azur Provence, belle et riche soirée d’échanges sur la performance durable au Palais des Expos de Grasse ce 24 mai autour d’une expérience, celle de Stéphane Diagana, gloire désormais locale de l’athlétisme français. Au menu, trois mi-temps : cours magistral, initiatives croisées et discussions informelles.
Le sport en entreprise, un enjeu national qui suscite l’intérêt collectif côté patronat, à l’image de l’opération «Entreprises en forme» portée par l’UPE, persuadée des bienfaits de la prévention santé au cœur même de l’économie de terrain, en termes de gain de productivité ou de confort personnel. Un projet global qui prend exemple sur le Canada, un pays précurseur, qui est allé jusqu’à labelliser les sociétés les plus emblématiques. En France, premiers balbutiements : question de culture, nous explique le champion d’Europe de 400 mètres haies passé maître de conférence, une reconversion réussie qui lui ouvre les portes d’un avenir plus statique, certes, mais qu’il souhaite actif et enrichissant. Côté entreprises, elles sont quelques-unes à s’essayer à ce nouvel exercice, souvent de grands groupes, bien structurés, déjà rompus à cette culture du sport bien-être synonyme de valeurs partagées entre salariés. La prochaine étape ? Convertir les PME-TPE à la noble cause. Quelques essais locaux encourageants montrent le chemin. Collectivités et élus, Jean-Pierre Leleux en tête, y croient dur comme fer dans un bassin d’emploi dynamique aux grands espoirs de développement. Et quand Stéphane Diagana parle de performance, il parle surtout management et capital humain. A décliner dans le sport ou dans la vie professionnelle, avec les mêmes effets.


Pour notre champion, point d’alternative : sport ou entreprise, le succès (durable) passera par la passion. Et à la part purement technique devront s’associer quelques capacités complémentaires, comme la patience ou l’aptitude à digérer l’échec, la contre performance, inévitable dans tout parcours. «La passion, c’est la base, le moteur, la puissance de travail. Sur un projet à long terme.» Motivation, confiance, compétence et enfin réalisation, l’entrepreneur est un athlète qui s’ignore. «La performance naît du processus de fixation d’objectif(s). Qui se construit dans le temps. Ce qui différentie les chefs d’entreprises, c’est la motivation première. D’où l’importance du manager, qui devra s’y adapter. (...) Un objectif relève du rêve, du possible, et enfin du souhaitable : quel résultat, et à quelle échéance ? Avec quels moyens ? Des questions que doivent se poser tous les jours patrons et sportifs…» Qu’elles soient physiques ou économiques, il y aura bien sûr des blessures, des coups de mou, des interrogations. «Pour traverser ces épreuves ? Encore une fois, un bon management en soutien est indispensable. Sans oublier le facteur temps. Mon défi sur la piste : gagner 1,4 seconde sur… sept à huit ans de travail. Sans entrer dans une logique de sacrifice, en avançant, à son rythme. Avec un projet pertinent, un titre olympique peut devenir raisonnable, et un junior moyen devient un champion, malgré la concurrence.» Dans la salle, on gonfle le torse. On sent se développer ce sentiment de compétence qui mène tout droit à la réussite… Le stress ? «C’est lorsqu’on est trop centré sur l’objectif, et pas assez sur sa réalisation. C’est pénalisant, douloureux, c’est un passage presque obligé. Dans ces moments-là, il ne faut pas penser à ses faiblesses, mais à ses atouts. Venez comme vous êtes…»

 

On comprend bien, d’un point de vue tout théorique, les nombreuses similitudes entre sport et économie réelle. Mais le sport, dans sa pratique, peut-il influer sur les résultats d’une entreprise ? Pour Stéphane Diagana, c’est un grand oui. «Notre temps consacré à l’activité physique a été divisé par huit en 200 ans. Transports, cœurs de métiers, loisirs, l’évolution a été ultra-rapide, surtout pour une espèce –l’homme– construite autour du mouvement.» Il s’agirait donc de rétablir l’équilibre. «C’est un fait, le sport apporte une certaine satisfaction, et la satisfaction au travail amène à moins de stress, de plaintes, d’absentéisme. En poussant plus loin, elle influe sur le problème du vieillissement. C’est un vrai retour sur investissement pour les dirigeants.» Mieux dans son corps, mieux dans sa tête ? «C’est évident. Et puis, la pratique régulière d’une activité crée des liens, de l’échange, de la bonne dynamique autour d’un projet commun. Le début de la performance…»

 

 

Elles ont osé, elles se sont déjà entraînées...

 Orpéa : du mieux-être… et des économies
L’expérience menée par ce groupe de référence de maisons de retraite médicalisées et de cliniques en soins de suite (une quinzaine d’établissements sur le seul 06) est ambitieuse. Et portée par un autre champion local, Christophe Pinna et son quadruple titre mondial, qui n’aura pas hésité à s’immerger pendant huit mois auprès des pensionnaires et salariés pour bâtir son projet : des Olympiades inter-établissements et intergénérationnelles pour motiver des résidents âgés, en perte de tonus musculaire. Objectif : redynamiser pour éviter d’éventuels traumatismes propres à encore diminuer la motricité. Et ce faisant, parier sur une diminution des frais hospitaliers induits. Un programme qui s’est alors étendu aux salariés du groupe. «Donner l’envie, ça marche», souligne Jean-Christophe Romersi, directeur régional d’Orpéa, tout fraichement converti à la course à pied. Son mot d’ordre : salariés ou résidents, même combat, de la motivation autour d’une expérience originale, encadrée par des spécialistes, pour fédérer et catalyser les troupes.

Areco : de la cohésion
L’entreprise grassoise s’est elle-aussi lancé un défi : mieux se connaître au sein des équipes. D’où un densifié programme de RSE (responsabilité sociétale des entreprises) qui passe par la mise à dispo, pour le personnel, d’un… terrain de pétanque. Succès immédiat : à la pause-déjeuner, on se bouscule à l’extérieur des locaux. Pas vraiment physique, mais côté esprit, on touche... Obut. Preuve que les PME ont leur carte à jouer sur le grand échiquier du bien-être et de la convivialité au travail.