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journal n°669 - 13/12/2012
Entreprises : elles font l’éco
Appuyé coup de projecteur sur les pépites et atouts azuréens lors de la 4e édition des Trophées de l’Eco à la CCI. Point trop de surprises sur le palmarès pour nos lecteurs les plus assidus…

ia_14_dec_une_sans_leg_300Huit prix, huit PME locales aguerries ou prometteuses, pour sept catégories à pourvoir. Erreur ? Non, mais, nous explique-t-on côté organisation, il y avait eu, l’an passé, deux ex aequo sur la catégorie Made in Côte d’Azur, alors, cette année, c’est pareil, forcément… Une bizarrerie mathématique qui n’aura pas angoissé le jury plus que de mesure. L’essentiel n’est pas là, mais bien dans «l’occasion de mettre en lumière les atouts de notre département et la créativité de nos chefs d’entreprises», dixit Laurent Lachkar, vice-président de la Chambre consulaire en charge du commerce, visiblement heureux de cette cérémonie désormais pérenne. Son conseil : «aujourd’hui et plus que jamais dans un contexte difficile, vous devez être innovants et entreprenants pour conserver les marchés, les emplois, et vous projeter vers l’avenir.» Message semble-t-il bien compris et bien traduit par la diversité des activités primées pour cette édition 2012. Coup de cœur, jeune entreprise, innovation, international, saga, manager de l’année et Made in Côte d’Azur (puissance 2 donc), petite présentation de ces exemplaires dirigeants érigés en totems.

 

 



> Marie Génissieux
Book your event (Nice) - Prix Coup de Cœur
Plusieurs années d’expérience sur le segment de l’événementiel, et l’irrépressible envie de créer sa propre entreprise, sur un créneau innovant : Book your event rassemble aujourd’hui 1.200 prestataires sur la région pour un site BtoB (ciblé professionnels) avec pour ambition, en mariant tourisme et numérique, d’attirer de belles manifs sur la Côte d’Azur. 400.000 connexions/jour, déjà presque 13.000 membres au compteur, pour bonne moitié des étrangers, autant de beaux horizons qui s’ouvrent à l’échelle d’un territoire prédestiné. Des chiffres positifs pour 2011, un bilan en cours qui s’annonce plutôt bien, Marie Génissieux a fait fructifier son dynamisme, et ce malgré la crise : «il y a eu des années difficiles, comme 2008, mais la croissance dans notre secteur est de retour.» Ce qui a fait pencher la balance côté jury ? L’utilisation maîtrisée des nouveaux outils de communication. «Un nouveau métier pour moi aussi, mais de très belles perspectives.» Le version 2 de son site et ses événements «clefs en main», est déjà sur les rails.

 

> Damien Calamuso et Julien Lizée
1789 Cala (Saint-Laurent du Var) - Prix Jeune Entreprise
Ces deux-là se connaissent depuis l’enfance. Aussi, lorsque la marque lancée par Damien a pris son envol, a-t-il tout naturellement pensé à Julien. Révolutionnaire, 1789 Cala ? Sans doute. Car il fallait oser se lancer dans l’espadrille made in France, un produit un peu désuet avec une forte identité, qui retrouve ses lettres de noblesse grâce à des collections sans cesse modernisées. La semelle de corde se décline en version cuir, montante ou lacets, les couleurs se multiplient, les looks s’enchaînent, et le succès est au bout de la pointure. En seulement deux ans, 1789 Cala a su s’imposer et créer son style, s’octroyant un contrat avec Le Bon Marché, s’alignant dès l’année prochaine sur le créneau des enfants, multipliant ses points de vente par deux (de 70 à 150). Et le made in France s’exporte : Japon, Corée, tous en espadrilles ! Aux pays des Nippons, 3.000 paires bleu-blanc-rouge circulent déjà…

 

> Jean-Jacques Vanner
Azur Scenic (Saint-Jeannet) - Prix de l’International
Des rideaux rouges aux écrans de projection en passant par les tapis de danse ou les tissus acoustiques, Azur Scenic équipe depuis 1989 les théâtres, les opéras, les salles de spectacles à travers l’Europe... et même un peu plus loin encore. 35 salariés, 6M€ de chiffre d’affaires, le leader français des textiles scénographiques n’a pas obtenu son prix par hasard : une concurrence à grande majorité européenne (Allemagne, Italie, Grande-Bretagne) l’a poussé, hors prestations nationales et affiliées (SBM, Opéra de Paris…), à couvrir de nouveaux marchés à forte potentialité. Pays de l’Est, mais surtout Maghreb, Afrique noire, Moyen-Orient, des régions qui ne connaissent pas la crise… Cette semaine, une équipe s’en va vers le Qatar. Les ateliers, eux, ne quitteront pas Saint-Jeannet, siège de l’entreprise, et Paris, sur un marché de niche où l’expérience garde sa primauté.

 

> Michel Gschwind
Areco (Grasse) - Prix de l’Innovation
Bienvenue au rayon frais de la nébulisation : des gouttelettes plus fines qu’un globule rouge pour requinquer salades et fruits sur les étals d’ici ou d’ailleurs. Avec 85% des parts de marché au niveau national, Areco conçoit, installe et assure la maintenance de ces humidificateurs et autres vaporisateurs high tech. 6,2M€ de chiffre d’affaires, 55 salariés, une filiale au Brésil avec une cinquantaine de magasins déjà équipés, des excroissances commerciales en Roumanie ou dans les DOM-TOM, Michel Gschwind tire sa révérence aux enseignes Grandfrais, qui lui ont permis de faire connaître ses produits. «Nous avons grandi ensemble. Ce qui les a intéressés, outre la plus fine des brumisations? Une effet visuel évident…» Fondée en 1998, Areco a beaucoup misé sur la R&D, accompagnée par Oséo, et continue sur la voie de l’innovation. Et pour diversifier ses activités, s’est récemment lancée dans l’affichage dynamique. Une corde de plus à son arc…

 

> Michaël Médina
Maison Perrin (Antibes) - Prix Made in Côte d’Azur
Depuis 1948, les raviolis Perrin se dégustent à Antibes. Ils n’étaient que trois après-guerre, ils sont aujourd’hui 25 rien qu’en cuisine, dans leur atelier de fabrication qui, après un léger détour par Villeneuve-Loubet, a retrouvé ses terres d’antan. Et si Michaël Médina tient aujourd’hui les rênes, il n’a qu’une seule ligne de conduite : «garder l’esprit de Jean Perrin.» D’où son leitmotiv, «une idée neuve de la tradition», qui se décline en quatre boutiques (Antibes, Cagnes, Vence et rue Bonaparte à Nice depuis quelques jours) où l’on prône le sans colorant, sans additif, sans conservateur et le tout manuel, fait du jour à la farine de blé tendre. «Du qualitatif et du local» pour le président Médina, qui revendique pourtant quelques entorses aux recettes traditionnelles : raviolis à la truffe pour les fêtes, et peut-être bientôt une version chocolat pour d’insolites desserts. «Avec 39 salariés, nous sommes à la taille idéale. Nous ne ferons jamais des millions de chiffre d’affaires, ça n’est pas le but. Nous travaillons à l’ancienne, avec de petits producteurs locaux, tous dans le même esprit.» Un esprit que l’on retrouve en boutiques, où les raviolis s’acoquinent avec quelques belles sélections d’épicerie fine.

 

> Laurent Coyon
Savimex (Grasse) - Prix Made in Côte d’Azur - ex æquo
Un prix en forme d’anniversaire : déjà six ans depuis le rachat par Laurent Coyon de cette belle PME locale spécialisée dans la conception et la fabrication de composants optiques en polymères. Masques, visières, prismes, aux traditionnelles activités se sont ajoutées quelques nouveautés, comme la vision «tête haute» (empruntée à l’aéronautique) ou les éclairages à LED (en particulier pour les cabinets dentaires). Créée en 1954, c’est le deuxième repreneur pour Savimex, qui reste l’un des leaders européens de l’optique plastique, un marché de niche qui a su se diversifier. Les ateliers produisent toujours 6.000 visières/jour, mais la R&D a aujourd’hui toute sa place pour assurer une belle croissance à deux chiffres sur les deux dernières années. Avec 55% de la production destinés à l’export.

 

> Frédéric Laporte
Groupe Laporte (Biot) - Prix de la Saga
On ne présente plus cette enseigne historique, qui par cinq fois s’est vue choisie comme fournisseur officiel des Jeux Olympiques pour le matériel de ball trap. Ce que l’on sait moins, c’est qu’à l’origine, la famille Laporte exploitait des carrières, avant de céder aux sirènes de la modernité et de devenir marchands de matériaux: nous sommes sous le second Empire, trains et métros grignotent du ballast, et les Laporte sont sur le coup. En 1927, Emile, l’arrière-grand-père de Frédéric, prend villégiature à Antibes, et en passionné de chasse y crée Laporte Ball Trap, alors que la discipline n’en est qu’à ses balbutiements. En 1936, c’est Pierre, le grand-père, qui connaîtra l’automatisation des lanceurs. Et les premiers JO dans les années 60. Et l’on profite d’une période faste pour ouvrir l’un des établissements les plus emblématiques de la côte ouest : La Siesta. Avec les 70’s arrive Jean-Michel, l’actuel président : plateau «flash», un contrat avec Winchester, rachat des principaux concurrents, Laporte reste la référence, avec 2.500 clients au compteur. Et a connu à Londres, cet été, sa septième Olympiade.


> Patrick Zucchetta
Doremi Technologies (Sophia) - Prix du Manager de l’année
Sophia qui équipe les salles de cinéma hollywoodiennes en numérique : un rêve devenu réalité depuis 2001, lorsque Patrick Zucchetta entre en jeu avec son serveur made in France. Europe, USA et même Chine, il va gérer l’installation de 45.000 salles à travers le monde. Mais notre PDG le sait, le marché sera saturé d’ici 2014. Il mise donc sur les prochaines innovations, dans un secteur en plein essor et en constante mutation technologique. «Nous avons de beaux projets pour préparer l’avenir, dont un qui concernera les «calibrations» des salles, et un autre qui s’intéressera à un usage un peu différent des lieux : on ne peut pas en dire plus aujourd’hui, disons quelque chose qui va relier un petit écran à un grand…» Fin du suspense en janvier prochain. Et belle année 2011 pour Doremi Technologies, avec 53M€ de chiffre d’affaires pour un résultat net de 1,88M€.

 

 

 

 

 

Isabelle Auzias