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journal n°710 - 03/10/2013
Entrepreneurs belges, you’re welcome !
Ils se fondent dans la population francophone, sont ŕ l’aise comme des poissons dans l’eau avec nos législations. Et trouvent des intéręts sur la Côte d’Azur.

Combien sont-ils ? «Environ 17.000 à s’être présentés dans nos bureaux», confirme le consul de Belgique à Marseille, Michel Parys. La partie émergée de l’iceberg, car ils sont bien plus nombreux à avoir choisi notre moyen-pays comme privilégiée villégiature. Voyageurs, nos amis belges ? Plutôt… opportunistes, dans le bon sens du terme. Leur force ? Se fondre dans leur biotope d’accueil, même langue, proche culture, intégration quasi-naturelle. Aux rayons de notre soleil, ils ia_4_oct_belges_p1_300_01s’épanouissent, autour d’une Chambre de commerce franco-belge basée à Marseille et de cinq Business Clubs affiliés, dont un à Nice. «Nous sommes du genre festif… Nous aimons nous retrouver pour échanger sur nos difficultés, nos envies, en passant un bon moment, confraternel», appuie Stéphane Michotte, vice-président de la Chambre, aux rênes du Business Club Côte d’Azur. Une faculté qui va de pair avec une forte volonté entrepreneuriale, toutes filières confondues. «On parle souvent des SDF, Sans Domicile Fiscal, mais cela reste en fait très marginal. Ce sont plutôt les Belges qui partent travailler en France, et il y a une bonne raison à cela : si la Belgique est attractive pour les grandes fortunes ou pour créer facilement des holdings, le coût salarial y est plus élevé qu’en France, même si une réforme est en cours pour y remédier.»

 

Comment ? Il y aurait donc pire élève que nous en la matière ? Mais alors, la crise ? «Nous l’avons subie, nos activités se sont dégradées, comme en France. Mais nous sommes organisés différemment, dans un pays fédéral, où les régions priment sur le gouvernement central. Et heureusement…» De notre côté de la frontière, l’esprit frondeur, positif et travailleur de nos Wallons et proches cousins fait merveille à l’export. Ils s’en délecteraient même, poussant l’autodérision jusqu’à livrer une petite blague française : Dieu voulait créer le pays idéal, et il façonna la France. Pour ne pas provoquer d’excessive jalousie, il rééquilibra le tout en y mettant… des Français. Anecdotique ? Pas tant que ça : sur le terrain économique, leur nationalité, ils l’avouent, apporte des avantages. Et une relation de confiance plus flagrante et plus immédiate qu’avec nos autochtones troupes.

 

Ils sont légion sur quelques pointus secteurs de compétences : l’ingénierie (Iter/Cadarache en large région, Cisco dans le 06), se présentant volontiers comme des «réfugiés climatiques» disposant d’un joker de première, la maîtrise des langues étrangères, née d’une position géographique étonnante, porte d’entrée de l’Europe du Nord, nourrie au Jacques Martin dès le dimanche arrivé. Et de bottes secrètes que les Français ne possèdent guère: le consensuel à l’état brut, jamais de vague, sans communautarisme affirmé, la discrétion incarnée dans une enveloppe de bon vivant. Et le climat aidant, ils poussent au métissage : Marseille, pour la première fois cette année, organise des séminaires d’investisseurs venus du Nord, qui à leur tour pourront accueillir quelques spécialités du pays d’Arles en leurs contrées.

 

Côté Nice par contre, les touches sont peu nombreuses. L’OIN ? Inconnue au bataillon des Wallons. Cannes ? Attaquée en son cœur de cible, avec l’avènement d’un Festival du Film Belge. Enfin Antibes ? Hameçonnée par un homme, Eric Somme, propriétaire des Sharks, pour rendre toutes ses couleurs au sport-phare de la ville, un peu essoufflé après les merveilleuses années Monclar/Ostrowski. Eric Somme, une histoire d’amour avec la Côte d’Azur, où il possède une résidence, et avec un ballon rond qu’il réclame où qu’il soit. En Belgique, il est déjà à la tête de deux équipes, les Spirou de Charleroi et Pepinster, près de Liège. Chez nous, il a retrouvé quelques belles entités du plat pays, comme l’emblématique Malongo (et oui…) ou la gourmande franchise Godiva.

 

Et s’il y croit dur comme fer, c’est que l’accueillante terre d’Azur se présente à ses yeux comme attractive économiquement parlant, avec pour étendard une technopole, Sophia Antipolis, où le caractère rigoureux et bosseur du Wallon est fort apprécié. Aussi, quand Eric Somme s’offre une danseuse aux dents de requins, ia_4_oct_belges_p3_300_01pense-t-il immédiatement à un rapprochement entre le sport et l’entreprise, mission confiée à Jean-Charles Tolza, précieux mix entre carrière franco-belge sur les hautes éco-sphères et origines gardoises affirmées. A l’instar d’Anthéa et de son Carré, club select où partenaires institutionnels et entreprises privées se côtoient le temps d’un spectacle, AzurArena se dotera très prochainement d’un Cercle des 50, à recruter parmi les plus belles enseignes sophipolitaines, pour allier émotions sportives et plaisirs d’après-match dans un esprit coopératif et constructif qui dépasse largement la frontière des Trois Moulins. «L’objectif, c’est aussi de solliciter des partenaires venus de Belgique. Certains sont déjà supporters du Spirou ou de Pepinster… De créer une passerelle, par l’intermédiaire des Sharks, entre la Wallonie et la CASA.»

Et les échanges ont déjà commencé, particulièrement avec la puissante AWEX (branche export des décideurs économiques wallons), attendue en forte délégation dès ce 7 octobre à l’AzurArena pour une rencontre Antibes-Limoges de haut vol, suivie de quelques agapes et travaux en compagnie de Jean Leonetti. Le Cercle des 50, lui, sera officiellement intronisé le 15 février prochain, avec en amuse bouche la venue des Harlem Globetrotters sur le parquet azuréen.

 

La montée en Pro A des Sharks serait-elle un bon signe économiquement parlant ? La visibilité sportive tirera-t-elle les partenariats et échanges vers le haut ? D’ores et déjà, sont prévues animations et rencontres autour de quatre à cinq matches par an, et les 24 communes de la CASA seront sollicitées pour présenter en Belgique un marché provençal fort attendu. Le premier quart temps est ouvert, dream teams sport et éco sont en place : le score des 800 entreprises belges en PACA est prêt à monter, en particulier sur la technopole. Histoire d’avoir les Sharks à l’œil, à l’heure où le basket français brille au firmament européen.

 

 

 

 

 

 


Isabelle Auzias

 

 

 

 

Photos :

  • Michel Parys, consul de Belgique à Marseille, Olivier Van de Winkel (président de la Chambre de commerce franco-belge) et Stéphane Michotte (président du Business Club Côte d'Azur) : rencontre à Mandelieu.
  • Jean-Charles Tolza s'est installé stratégiquement : Drakkar, centre d'affaires en plein Sophia, au coeur du microcosme économique qu'il convoite pour son Cercle des 50.