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journal n°676 - 07/02/2013
Concours > 25e MOF : recrutement immédiat
Mieux qu’un bilan de compétences, plus qu’un concours, un diplôme : devenir l’un des Meilleurs Ouvriers de France se mérite. Et se tente…

C’est en Préfecture que s’est célébré le lancement officiel des inscriptions pour le département des Alpes-Maritimes. Avec 8.781 lauréats depuis la première édition, les MOF n’ont rien perdu de leur superbe, et se présentent toujours comme références sur 136 métiers déclinés en 240 optionxs. Une large palette de compétence(s), avec pour ambition première de «remettre sur le métier son ouvrage, pour améliorer ses talents, ses marges de progrès, pour être reconnu par ses pairs», soulignera le préfet Christophe Mirmand. Et (aussi) pour obtenir un diplôme de niveau 3 (Bac +2) et ce quel que soit son cursus.

Le 24e concours avait rassemblé 233 lauréats. Objectif, outre la solennelle réception à l’Elysée qui clôt un parcours de trois ans: «allier un challenge personnel, la recherche de la perfection, pour donner le meilleur et canaliser son énergie créatrice en dominant les techniques, en les inventant parfois», dixit Marie-Brigitte Duvernoy, commissaire départementale dédiée (COET 06), elle-même remarquée lors de l’édition 2000 (pianos d’art). «Une sorte d’université sans bâtiment, dont les MOF sont les piliers et partenaires, pour transmettre, pour épauler. Suite au diplôme, l’on devient parfois enseignant. Et toujours, l’on continue à apprendre. Etre MOF, c’est une responsabilité".

Pour Jean-Pierre Galvez, président de la Chambre de métiers 06, c’est bien sûr une consécration vers laquelle il faut tendre, absolument: «pour un artisan qui a réussi, être MOF, c’est comme, pour un formidable étudiant, intégrer une école prestigieuse, Polytechnique ou l’ENA… C’est un titre qui mérite un immense respect. Nous sommes, à la Chambre, de fidèles partenaires, et sommes très attentifs à cette forme d’excellence qu’il faut maintenir.»

Finalement, le discours n’a pas beaucoup changé depuis les temps anciens où Lucien Dor, ministre du Commerce en 1922, déclarait: «j’ai décidé de créer une exposition annuelle de l’apprentissage au cours de laquelle sera proclamé dans chaque profession le Premier Ouvrier de France. (…) Il nous faut une solution rapide, le péril est grand. Il nous appartient de le conjurer.» Manifestement, l’initiative était la bonne, et nos artisans se sont pliés à l’exercice avec passion. Qui sait, sans les MOF, certains corps de métiers n’existeraient peut-être même plus… Métiers de la restauration et de l’hôtellerie (largement les plus représentés sur notre département, à 40%), du bâtiment et du patrimoine architectural, du textile et du cuir, du bois et de l’ameublement, des métaux, de l’industrie, de la terre et du verre, du vêtement, de l’accessoire de mode, de la gravure, jusqu’aux professions de la communication, du mutlimédia et de l’audiovisuel, le panel est quasi-infini, et les talents attendus nombreux pour former l’élite de demain. La relève. Et la transmission. Plus pragmatique, car telle est sa mission, le préfet Mirmand conclura sur «l’illustration d’une priorité pour l’Etat, une priorité accordée à la formation professionnelle. Et un moyen d’accéder à un emploi durable.» Et de nos jours, ça n’est pas rien…

Isabelle Auzias