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journal n716 - 14/11/2013
Commande publique : l'autre levier de croissance pour les TPE-PME
C'est le message qu'est venu porter haut et fort Jean-Lou Blachier, mdiateur national des marchs publics.

7novembre, 18h, salle des séances de la CCI de Nice : pour cette seconde soirée Rebond, honneur aux marchés publics et à son médiateur, qui ne cache pas son intérêt pour notre département qu'il visite de façon récurrente. Pour ce rendez-vous consacré au développement des opportunités de business, se sont illustrés ministère de la Défense, CASA, Métropole, pour plébisciter de concert des relations optimisées entre entreprises et administrations, avec pour mission d'encourager ce recours à la commande publique pour s'octroyer de nouveaux marchés.

 

"Pendant longtemps, nos prospectives s'étalaient sur au moins un an par l'intermédiaire des carnets de commandes", souligne Jean-Lou Blachier, lui-même à la tête d'une entreprise de plasturgie en Seine-Saint-Denis quand il quitte sa casquette de médiateur au long court. "Aujourd'hui, c'est plus dur, difficile d'anticiper au delà de trois mois."

 

Un écueil que la commande publique contourne, en offrant une certaine régularité dans les contrats. Bernard Kleynhoff acquiesce, mais tempère : "le marché public, c'est un art compliqué, une TPE n'est pas forcément structurée pour s'en emparer, on n'y trouve pas forcément les compétences administratives requises, et souvent l'investissement en termes de temps pour le chef d'entreprise est rédhibitoire, et l'on préfère passer à autre chose..." Morale de l'histoire : il est sans doute grand temps, pour nos collectivités et institutions, de dépoussiérer leurs procédures, pour que l'économie locale et traditionnelle puisse enfin progiter de cette salvatrice manne.

 

 

Médiation > Premiers résultats

 

Dans la boîte à outils de Jean-Lou Blachier, il y a bien sûr la médiation pure, qui permet de désamorcer le naissant ou enrayé conflit entre les entreprises et le public. Depuis sa nomination, après la dernière Présidentielle, les services de Jean-Lou Blachier ont reçu 230 demandes de médiation sur l'ensemble de la France. "A 60%, les entreprises qui ont eu un problème avec un acheteur public finissent par retravailler avec lui, ce qui justifie pleinement ma mission."

 

Autre satisfecit : "avec la médiation, les résultats sont rapides (moins de quatre mois), et pour 80% des dossiers traités, le résultat satisfait les deux parties." D'où cette large possibilité de continuer, malgré la brouille, une collaboration constructive. Résoudre les conflits n'est pas la seule ambition : "on peut aussi agir lorsque l'entreprise n'est tout simplement pas entendue par l'acheteur public. C'est là la force de l'Etat. Et du médiateur, porteur de sa parole et de sa volonté de créer du lien entre TPE-PME et grosses structures, qu'elles soient publiques ou privées".

 

Dernière mission, et pas des moindres alors que l'exaspération gronde: "être médiateur, c'est aussi entendre la voix des chefs d'entreprises sur le terrain», et la faire remonter jusqu'au ministre de tuelle, Arnaud Montebourg. "Il faut faire évlouer les lignes", se plaît à dire Jean-Lou Blachier, qui vient de choisir les Alpes-Maritimes comme département-pilote pour installer ses "Ambassadeurs des marchés publics", comprenez de locaux dirigeants ou décideurs pour relayer les problématiques locales par rapport à la commande publique.

"Une zone-test particulièrement intéressantce, car frontalière et donc soumise à une forte concurrence". Au programme également, un groupe de travail autour des TIC (techniques de l'information et de la communication) porté sur les fonts baptismaux à Sophia : une cinquantaine d'entreprises "experts", un conseiller dédié auprès du ministre Montebourg, et un tour de France de la filière pour un rapport à rendre dès le printemps.

 

 

 

 


Isabelle Auzias