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journal n°644 - 21/06/2012
Le changement à la FNAIM, c’est maintenant
Pierre Laurent, au terme d’un mandat de trois ans, cède la main à Frédéric Pelou. Dans un contexte économiquement difficile. Et dans l’incertitude côté politique. Et pas seulement à cause du nouveau gouvernement.

Pierre Laurent :
«Nous ne sommes écoutés qu’en période électorale» ia_22_juin_pierre_laurent_haut_de_2_300

S’il garde un bon souvenir de ses années à la tête de la FNAIM Côte d’Azur, le président sortant n’en est pas moins amer sur la mobilisation de nos élus locaux face aux problèmes rencontrés par la filière et ses professionnels.
Aller au contact, tâter du terrain, fédérer. Communiquer aussi. La mandature de Pierre Laurent aura été marquée par une hausse et une fidélisation des adhérents dans notre département (676 aujourd’hui), multipliant les séminaires et les réunions pour solidariser le groupe. «Le gouvernement précédent a maltraité le logement. Les plaies sont ouvertes. La réforme fiscale impacte très durement nos activités, surtout pour ceux d’entre nous qui ne font que de la transaction. Et côté clientèle, les petits patrimoines vont continuer à
souffrir…» Le bilan est sombre. «Avec la réforme des plus-values immobilières, on a pris perpète’… 30 ans!Si François Hollande tient son cap, on devrait revenir au dispositif de 2004 (soit une exonération totale à partir de 22 ans). Un mieux. Mais ceux qui ont cru à une défiscalisation en 15 ans sont toujours perdants.» Même constat sur le prêt à taux zéro (PTZ) : «il a permis de loger 4.000 primo-accédants l’an dernier dans les Alpes-Maritimes. Mais désormais, il n’existe plus pour l’ancien, et pour le neuf, PTZ ou pas, c’est trop cher. Les finances du Département vont elles-aussi en pâtir…» C’est en toute confiance qu’il donne aujourd’hui les clefs à son confrère Frédéric Pelou : «ces trois années furent riches et intenses, un engagement quasi-total en termes de temps, et donc une organisation personnelle et professionnelle en conséquence. De belles rencontres, des challenges qui engagent l’avenir de notre profession…»

 


Frédéric Pelou : «Etre solidaires avant tout»
36 ans, à la tête de l’agence familiale de Marina Baie des Anges fondée en 1997, il est déjà un solide briscard du créneau.



Son credo : proposer de nouveaux services aux adhérents FNAIM (remplacements ponctuels par de jeunes retraités de la profession, partenariats avec des experts-comptables, journées formation…). Pour lui, «le syndicalisme patronal, outre l’organisation interne, c’est aussi de la convivialité et de l’entraide.» D’où ce désir de rapprochement avec les chambres limitrophes au sens large (Var et Bouches-du-Rhône), ou encore de faire «tourner» les conseils d’administration dans tout le département. Pour lui, il y a urgence : une loi Hoguet obsolète, «il faut une réforme dans le sens de la protection des consommateurs, imposer des règles éthiques et déontologiques, bien au delà de la FNAIM, pour l’ensemble de la profession et des filières.» Bref, en terminer avec quelques clichés tenaces, «et mettre en avant notre rôle de conseil juridique, social, voire psychologique. Nous ne méritons pas notre réputation, notre mission est profondément humaine.»


De ses prédécesseurs, qu’il présente comme "dévoués et impliqués», il garde la ligne directrice: «je nommerai un ambassadeur chargé des relations politiques pour notre département. Il sera le porte-voix de notre syndicat et relaiera la vision de nos adhérents. Nous devons être reconnus comme acteurs sociaux et économiques de notre territoire, car nous logeons les hommes et les femmes qui le font vivre.»

Autre combat, mais qui va dans le même sens du politiquement (correctement) écouté : en finir avec les lois, en choisir une, pérenne, sur plusieurs années, au moins sur un quinquennat, pour rassurer les investisseurs. Le blocage des loyers ? «Inefficace, c’est de toute façon trop tard, ils sont actuellement à la baisse.» Les logements vacants ? «Il y a une grosse réserve dans les Alpes-Maritimes. Une réserve que nous pourrions utiliser immédiatement, grâce notamment à notre Bail puissance 3.» L’espoir ? «Nous avons désormais un ministre du logement, nous allons en profiter, en devenant une véritable force de proposition.» Pour qui ? «Le problème du logement, c’est qu’il faut associer locataires et propriétaires bailleurs, les soigner ensemble. Comme un couple. Là-aussi, il est grand temps d’arrêter les clichés. Il faut contenter les deux parties, par une thérapie générale.»


Isabelle Auzias

Montage : Lizza Paillier