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journal n°656 - 07/09/2012
CCI : la parole est à l’Etat
Christophe Mirmand, préfet des Alpes-Maritimes, a rencontré pour la première fois les chefs d’entreprises azuréennes lors de l’assemblée générale de la Chambre de commerce.

Mobilisation générale: ce pourrait être le mot d’ordre en cette rentrée des classes consulaires. Une mobilisation appuyée par un recentrage des services sur plus de proximité (avec l’avènement des antennes de Nice Premium ou du Business Pôle à Sophia).
Etre cocoonés à domicile, de quoi remettre du baume aux cœurs des chefs d’entreprises maralpines, plongés en plein désarroi malgré les messages d’optimisme récurrents de nos collectivités et institutions. Le préfet Mirmand, lui, ne se mouillera pas : il parlera chômage, et la situation n’est pas reluisante (voir notre vidéo). «Je considère qu’en période de crise, même si elle est ici moins visible qu’ailleurs, la place du représentant de l’Etat est aux côtés des entreprises.» Dont acte. «Si le dynamisme du département est incontestable, il convient de rester prudent quant aux perspectives proches.»
Pourtant, côté finances publiques, Christophe Mirmand est un préfet gâté : si la croissance est en berne, les recettes fiscales récoltées, elles, n’ont jamais été aussi généreuses. «Ce qui indique que le contexte général de cette rentrée peut être considéré, vu des services de l’Etat, globalement favorable.»
Mais les indicateurs montrent des signes de faiblesse : une quasi-stagnation du chiffre d’affaires total des Alpes-Maritimes, stigmate d’un fléchissement de l’activité, même si les carnets de commandes ne sont pas vides. Pas assez fournis pour consolider une nouvelle phase de croissance… Et puis, il y a l’avéré tassement des activités liées au bâtiment, et l’on connaît l’adage. Une commande publique «médiocre», une diminution des emplois, une concurrence déloyale pointée du doigt, le tout s’annonce pour le moins inquiétant.

 


Grasse, Carros et Menton en tendance haussière, le reste du territoire à la peine... Et même une légère régression pour Cannes et Sophia côté chiffres d’affaires, les disparités se creusent entre les pôles d’activités. Quant au tourisme, toujours selon les services de l’Etat, le bilan de la saison s’affiche contrasté, avec quelques grands pays pourvoyeurs aux abonnés absents. On ne la citera pas, mais c’est bien de l’Italie dont il s’agit. Des difficultés économiques «montantes» pour le nouveau préfet, avec un emploi qui se dégrade fortement, surtout chez nous: la crise nous aura donc, comme prévu, impactés plus tard, mais la voilà solidement arrimée.

 
Pour redresser la barre ? «Trois objectifs : mettre un terme à ce décrochage de l’attractivité qui affaiblit notre pays depuis plusieurs années, et qui se traduit par la dégradation de notre solde commercial. Mais aussi maîtriser nos dépenses publiques et consolider le dialogue social pour une réelle équité au sein des entreprises.» Les parades ? «Favoriser l’accès aux financements adaptés, avec la mise en place d’une banque publique d’investissement pour les PME-TPE. Et une réforme bancaire pour favoriser l’épargne longue vers les entreprises. La modification aussi du mode de financement de la protection sociale, pour moins peser sur le coût du travail.» Enfin (et l’assemblée sourit), «une évaluation du dispositif de l’auto-entrepreneur, pour mettre un terme à un certain nombre d’effets négatifs ressentis par les PME.» Au tableau noir, les mêmes problèmes. Mais un cartable de plus en plus lourd, rentrée après rentrée…

Isabelle Auzias

 

Les changements… maintenant


Quelques nouveautés pour cette rentrée 2012 du côté de l’organisation consulaire. Avec l’élection de Luc Tournaire au poste de vice-président en lieu et place de Joël Gardon, qui n’a pas souhaité renouveler son mandat. Luc Tournaire exerçait jusqu’ici les fonctions de conseiller spécial auprès du bureau pour le bassin grassois, où il dirige l’entreprise familiale Tournaire SA. Il rejoint à la vice-présidence de la Chambre Jean-Pierre Savarino, Laurent Lachkar et Paul di Natale. Autre nomination, celle de Michel Chevillon, un historique lui-aussi, directeur du Grand Hôtel Mercure Croisette Beach, au poste de conseiller spécial représentant le bassin cannois.