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journal n°700 - 25/07/2013
Anouk Matecki : vers une architecture du ressenti…
Elle rend toute son importance au subtil jeu des volumes et de la lumičre.

L’architecture et le lieu», le thème, déjà, de son mémoire de diplôme à l’Ecole nationale d’architecture de Paris-Belleville en 2000... «L’architecture ne donne pas du sens aux choses mais met en scène les éléments, et en en modifie la perception, c'est une démarche active vis-à-vis du lieu».  En 2001, elle crée son agence à Nice vence_immeuble_cube_anouk_matecki_300puis ouvre un  bureau à Paris en 2007. Travaillant également sur le design intérieur, la rénovation et la construction, elle s’est permis en 2007 une incartade scénographique sur l'exposition du 30e anniversaire du centre Georges Pompidou.

 

Son travail s’inspire ouvertement de la philosophie des architectes japonais et du travail de certains artistes contemporains comme Olafur Eliasson, Kengo Kuma, Toyo Ito, où la symbolique et la poésie priment sur une architecture volontairement humble. Théorie appliquée sur son immeuble de 30 logements privés et sociaux à Vence, sur un terrain en pente, au fond d’un vallon, où personne ne voulait construire. «Comme les anciens, quand ils bâtissaient des murs pour retenir les terres, le bâtiment se comporte comme une restanque filante dans le paysage, dont les façades sont invisibles depuis l'espace public». Elle étend les logements sur le vide avec des cubes translucides flottants, volonté d’agrandir le programme dans un foncier restreint. Jeu de volumes suspendus en position erratique donnant le sentiment aux résidents de vivre dans un habitat individuel, trémies dans la dalle de parking, toiture pour une gestion de l'ombre et relation au ciel cadré...

 

anouk_matecki_villa_la_turbie_300Trois exemples avec d'abord cette villa contemporaine à Peille, dont le béton texturé comme une roche fabrique un nouveau paysage puis vient chercher le vide, ou encore cette autre à Mougins où la minéralité du socle se superpose au volume neutre, adouci par l’utilisation du bois en façade et de l’inox pour refléter le paysage et disparaître. A La Turbie, elle joue sur la subtilité des décalages.

 

Les réglementations à outrance, Anouk Matecki les dénonce : «je préfèrerais une règle élargie prônant la relation à l'environnement et à l'espace». Et cite le Nid d’aigle du vieux village d’Eze «qui s’inscrit parfaitement dans le paysage jusqu’à le valoriser.»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Michel Bovas