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journal n687 - 25/04/2013
Alors cette LGV, sur les rails?
Pardon! Ce nest plus une Ligne Grande Vitesse, mais une NL (pour Nouvelle Ligne). On ne parle plus vitesse, et dun point de vue smantique, cest heureux: dj faudrait-il quil y ait dcision.

La bonne nouvelle pour les ardents défenseurs de cette ligne reliant Nice à Paris via Marseille : la délocalisation exceptionnelle de la Commission Mobilité 21 pour une réunion niçoise, ce 25 avril. Preuve tangible de l’intérêt porté au projet azuréen jusqu’au niveau national. Ou stratégie politique, au choix.

Il n’empêche : cette réunion d’envergure aura eu le mérite de souder nos élus territoriaux, tous bords confondus, pour un conclave inopiné en Préfecture. A la sortie, pas de fumée blanche, mais un message adressé au député Duron, président de la Commission, co-signé Eric Ciotti et Christian Estrosi. Point de griffe côté Michel Vauzelle, malgré ce beau consensus exprimé à l’oral.

 

Que nous dit la missive ? «Les études menées par le maître d’ouvrage RFF ont démontré l’impossibilité de répondre aux besoins de transports par des aménagements d’infrastructures existantes, tout comme l’impossibilité de créer une nouvelle infrastructure en surface au vu de la densité de la conurbation azuréenne.» Plus loin, «la réalisation de la section Le Muy-Nice (NDLR qui ne soulève aucune opposition) en ligne nouvelle apparaît donc la seule solution cohérente, acceptable.»

On parle donc bien de souterrain pour les Alpes-Maritimes, tout au moins en partie. Plus loin encore, «nous considérons prioritaire le traitement de la Côte d’Azur». Rien de très neuf (à part l’évolution de LGV en NL…). Et toujours le même obstacle : le coût d’une telle réalisation.

 

Imaginons un rapport favorable rendu par ladite Commission : par favorable, entendons que le projet soit classé «prioritaire». Au rythme où vont les choses, nos enfants auront peut-être la chance de faire un Nice-Marseille en une heure. Dans le cas contraire… Personne, dans le rang des édiles, ne veut évoquer un telle éventualité. Le préfet Mirmand l’a rappelé, «il y a nécessité pour garantir notre attractivité.» Et de s’avouer confiant quant aux conclusions du rapport de la Commission 21, qui devrait arriver avant l’été. Notre NL est en concurrence avec 70 autres projets à l’échelon du pays. De la pertinence de ces projets dépendra notre calendrier pour peut-être désenclaver la Côte d’Azur. Les plus optimistes parlent d’un tronçon Nice-Le Muy pour 2024. Mais dans les fonctions territoriales les plus gradées, aucune date n’est pour l’heure avancée. L’enjeu est pourtant de taille : pour les transports locaux bien sûr, mais aussi pour contrebalancer la suprématie d’une Europe du Nord bien mieux équipée que nous. Et enfin ouvrir cet axe méditerranéen synonyme de tant d’espoirs économiques.

 

 

 


Isabelle Auzias