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journal n684 - 04/04/2013
Agribio 06, petite asso devenue grande
30 ans au service de la promotion et du dveloppement de l'agriculture biologique. O en sommes-nous ?

Un groupuscule de bons à rien insignifiants» : c'est comme ça qu'on (le président de la Chambre d'agriculture de l'époque) les a qualifiés en 1983, lorsqu'une poignée de convaincus a déposé les statuts de l'association. D'une quinzaine au départ, ils sont aujourd'hui 181 agriculteurs bio, pour un total d'environ 700 professionnels dans les Alpes-Maritimes, faisant de notre département l'un des meilleurs élèves en la matière. Une image valorisée, des consommateurs concernés...

 

Pourtant, tout n'est pas rose. Alors qu'il y a 30 ans, la France était le premier producteur européen de bio, aujourd'hui elle fait partie des derniers. «Parce qu'il n'y a pas eu de volonté politique réelle et forte de développer la bio», explique le président Jean-François Tripodi. «Au niveau national, il existe depuis longtemps déjà un lobbying très fort qui a tout fait pour enrayer sa progression. Ils mettent en avant le fait que les gros agriculteurs sont pourvoyeurs d'emplois et de richesses, et que développer l'agriculture biologique mènerait le pays à la ruine. Un discours fou, car la production bio crée plus d'emplois et de richesses que l'agriculture conventionnelle.»

 

Et parmi les missions d'Agribio 06, celle de convaincre les élus que l’on peut concilier maraîchage et urbanisme. «Nos exploitations sont petites, nous ne sommes pas des dévoreurs d'espace, on peut facilement aider à nourrir localement», clame Jean-François Tripodi. «Le problème sur la Côte d'Azur, c'est le foncier. On veut bien de l'agriculture et des produits bio dans les assiettes, mais on ne veut pas d'agriculteurs. Il faut convaincre les politiques qu'on ne veut pas entraver le développement de leur territoire, et qu'il y a des solutions... A Mouans-Sartoux, André Aschieri a réussi à concilier l'expansion de sa commune et l'agriculture. Si lui peut le faire, je suppose que d'autres peuvent suivre la voie...»

 

 

 


Lizza Paillier