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Sophia
 

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Opération ravalement de moral avec le CREPI
Et un après-midi théâtre forum convivial pour recruter, échanger, et dédramatiser.

  Des propriétaires de domaines viticoles à la recherche d'une bonne poire compétente à tout faire pour le SMIC. Un recruteur qui préfère organiser sa sortie d'entreprise plutôt que d'écouter son candidat. Une brochette de demandeurs d'emploi qui cherchent à décourager une autre postulante à quelques minutes des entretiens… Des situations un poil caricaturales, mais pourtant très fidèlement inspirées du vécu de Chantal, Florent, Ali, Benoite ou de la vingtaine d'autres demandeurs d'emploi présents ce jeudi 29 mars à Sophia, pour L'Odyssée des CREPI (Clubs Régionaux d'Entreprises Partenaires de l'Insertion).

Ils ne venaient pas s’asseoir tranquillement dans les fauteuils d'un amphi de Skema. Cette journée, ils en étaient les véritables acteurs, dans tous les sens du terme. Ensemble, encadrés par les responsables du CREPI, ils ont préparé une série de saynètes, autour du thème du recrutement. Et les comédiens, c'était bien eux. Le public ? Des recruteurs, issus d'une quinzaine d'entreprises, des locaux de B-Flower au géant Mc Donald, en passant par le roi de l'intérim Adecco.

Des recruteurs qui eux-aussi se prennent au jeu et tiennent leurs rôles : l'association proposait cette année une manifestation originale, un après-midi théâtre forum, ou théâtre de l'opprimé. Comme son nom l'indique, ce style particulier consiste en la mise en scène de l'oppression d'un personnage par le groupe. La courte pièce est jouée une première fois : l'oppresseur est oppressé. On la joue une deuxième fois, et le public peut alors se lever en cours de représentation, prendre la place du bouc-émissaire et renverser la situation. «Ça dédramatise vraiment les situations, on sera plus détendus pour nos prochains entretiens après avoir fait ça, merci !». Les demandeurs d'emploi sortent satisfaits de la rencontre, et espèrent bien glaner quelques contacts au cocktail de clôture.

L'initiative semble faire l'unanimité, même côté recruteurs : «c'est du vécu, on voit ce qu'ont dû ressentir les demandeurs d'emploi et c'est bien, parce qu'avec le temps, on a parfois tendance à oublier ce que ça fait d'être dans cette position», apprécie Yves. «Gardez le moral, certains employeurs sont certes peu scrupuleux, mais pour la majorité, ce sont des gens bien. Les mentalités évoluent dans le monde de l'entreprise, alors accrochez-vous !», positive un directeur des ressources humaines de l'assistance. Des grands discours, et peut-être quelques petits actes …

Lucie Lautrédou

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