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Virbac au premier rang
 

  Il ne le manifestera pas très ostensiblement, car Eric Marée est plutôt du genre réservé. Mais nul doute que, avec la famille Dick propriétaire, ainsi qu’avec tout le personnel, il ressentira de la fierté en apprenant que Virbac est devenue la première entreprise (de souche) du département, dans le Palmarès que vous avez en mains. L'année où Jean-Pierre Dick remporte sa 3e Transat Jacques Vabre...

Comptant depuis de nombreuses années parmi les fleurons des Alpes-Maritimes et figurant dans le peloton des 10 premiers chiffres d’affaires depuis la création de notre Palmarès, le laboratoire vétérinaire effectue une trajectoire qu’on lui souhaite de prolonger longtemps. «Croissance historique du chiffre d’affaires et du résultat net» annonçait-il en début d'année : +22,6% pour le premier, grâce, il est vrai, aux effets de change, pour une fois favorables à l’Euro, et au rachat des actifs de Pfizer en Australie. «Un fait important pour notre exercice, car nous avions déjà une excellente filiale sur place. En doublant de taille, nous sommes passés seconds sur le marché australien». Or, sans illusion sur des marchés européens plutôt étalés, sauf à y apporter des produits très innovants, Virbac fonde le gros de ses progrès et espoirs sur les pays émergents comme l’Amérique latine (implantation sur les vaccins pour bovins l’an passé en Uruguay) et sur l’énorme marché que représente l’Asie, «où nous avons un projet avancé».

Il en est un autre, côté croissance externe, qu’Eric Marée a dû reporter : la partie des désinvestissements qu’aurait entraîné la fusion, en début d’année, entre Merial et Intervet-Schering Plough… si elle n’avait pas été abandonnée au vu des exigences des autorités de la concurrence.

Mais pas trop de regret, car Eric Marée fait partie de cette catégorie de patrons adeptes, comme assise de pérennité, d’une croissance

organique : conquérir de nouveaux clients avec de nouveaux produits. Il pousse à l’innovation. Elle est coûteuse : l’entreprise affecte annuellement 7% de son chiffre d’affaires à la R&D (40Ma).

Ce qui a permis de lancer l’an passé EFFIPRO, un antiparasitaire jusque-là breveté par Merial. Et surtout -événement mondial vraiment spectaculaire pour le renom de la firme et son travail- de proposer (en France actuellement) un vaccin contre la leishmaniose, une maladie touchant les animaux comme les hommes, au terme de 8 ans de recherche. Ce résultat a nécessité la construction d’une unité de production spécifique (10 Ma, toujours à Carros). A côté, un autre bâtiment de 20Ma sortira de terre fin 2012, dévolu à la fabrication de produits stériles injectables dans les conditions idéales. Désormais, tous les grands de la pharmaco-chimie regardent l’activité vétérinaire avec les yeux de Chimène.

Jacques Bruyas