B20
Medef
Cannes
 

««« Retour share
B20. Optimisme sur ciel gris
Le Business Summit : 24 heures de rencontres, et un rapport pour porter les préoccupations des entreprises aux yeux des politiques réunis à Cannes.

Alpes Maritimes Lars Olofsson, PDG de Carrefour, Paul Bulcke, son homologue chez Nestlé, le Paul Polman d'Unilever… Un casting à faire pâlir une page de Forbes. Ce n'est pourtant qu'une partie de la brochette de 200 dirigeants qui ont participé à l'élaboration du rapport final du Business Summit (B20), rendu public ce 2 novembre : un petit manuel du parfait lobbyiste, élaboré main dans la main avec les 23 organisations patronales des pays du G20, MEDEF en tête, et remis aux dirigeants participant au sommet de Cannes, les 3 et 4 novembre. Les huiles entreprenariales de ce monde y distillent, au fil d'une trentaine de pages, leurs recommandations réparties en douze thématiques : régulation financière, anti-corruption, gouvernance mondiale ou encore, en bonne dernière, croissance verte, appelant par exemple à permettre le libre-échange des biens et services environnementaux.

Le document publié, la communauté entrepreneuriale s'est donné rendez-vous au Martinez pour 24 heures de tables rondes et de conférences sur les thèmes chers aux yeux du monde économique, avant une rencontre, le 3 novembre, avec ses partenaires représentants syndicaux réunis en L20 (pour Labour 20). Le rapport signé des 23 organisations patronales se penche d'ailleurs sur la question de l'emploi, et appelle le G20 à « encourager l'inclusion sociale et la stabilité économique en se prononçant en faveur des socles de protection sociale ». Certainement le point qui a rendu possible la signature d'un rapport commun L20-B20. Une première…

Lucie Lautrédou

 




Alpes Maritimes Libre échange et dirigeants contre le protectionnisme

 
Alpes Maritimes Retour de week-end de la Toussaint, grisaille, crise grecque… Ce mercredi 2 novembre est pour le moins maussade. Mais le bleu des affiches du B20, devant le Martinez, tranche avec la monotonie d'une Croisette déserte, vidée pour cause de veille de G20. Couleurs aussi dans les propos de Laurence Parisot, présidente du MEDEF, qui teinte son discours d'introduction de notes d'optimisme, mais gardant la dramaturgie de la période à l'esprit. « L'Europe est au cœur de nos préoccupations, et en tant que leaders de la communauté économique européenne, nous entendons envoyer un message : nous croyons en l'Europe », a martelé la patronne des patrons français, à quelques heures de la réunion Sarkozy-Merkel-Papandréou.

Et des messages aux dirigeants des 19 États les plus puissants du monde, plus l'Union Européenne et ses membres, la dynamique quinquagénaire en a une ribambelle à faire passer : « nous devons présenter notre vision du monde avec des propositions concrètes, prendre des engagements sur des sujets cruciaux, pour le futur de tous, pas seulement de nos entreprises. »

Assurant la détermination et la confiance des patrons dans un monde pourtant vacillant, Laurence Parisot a listé les raisons qui font des acteurs économiques les partenaires incontournables des dirigeants politiques alors en route pour Cannes, allant jusqu'à s'aventurer sur le terrain de la paix : « plus qu'une simple règle économique, la liberté des échanges nous ouvre aux autres. C'est une promesse de paix puisque chacun sait que là où l'on rencontre la liberté économique, on trouve un espoir de liberté en général. » Ou comment la main invisible sauvera les peuples...

Après la main, les yeux : « notre regard d'entrepreneurs est fixé vers le futur, l'initiative privée est capable de créativité, de donner des réponses rapides, et nous avons une vision à long terme, c'est grâce à cela que nous pouvons inventer de nouvelles solutions. » Réponses indexées dans le rapport final du B20, remis à Nicolas Sarkozy dans le cadre de la présidence française du G20.

Plus que proposer des solutions, la dirigeante a insisté sur un écueil à éviter : le protectionnisme. « C'est le début d'une sorte de populisme, nous devons être vigilants face à toute politique qui pourrait mener à ériger des murs entre les peuples », a-t-elle souligné. Et Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) d'abonder en ce sens : « le protectionnisme ? Un mauvais nom, car ça ne protège pas du tout », estime l'homme politique, qui insiste sur la nécessité d'adopter une position claire sur cette question. Des idées que les décideurs économiques ont livré aux politiques pour enrichir un sommet déjà dense. Avant même son ouverture, le rendez-vous international cannois promettait de rester dans les annales …

 
Alpes Maritimes Ils ont dit …

« Instaurer une règle de taxation des transactions financières est exactement le type d'action qui déstabiliserait les marchés et n'encouragerait en rien une croissance globale accompagnée de création d'emplois » (Peter Sands, DG du groupe Standart Chartered Bank).

« La vraie économie, ce n'est pas une rencontre entre financiers, mais entre chefs d'entreprise qui parlent de l'économie réelle » (Yvon Grosso, président de l'UPE 06).

« Nous avons besoin de toutes les énergies, des renouvelables, mais aussi du nucléaire » (Christophe de Margerie, PDG de Total).