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Villefranche sur mer
Energie solaire
 

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Et vogue le solaire...
C’est une première pour la Côte : la location d’un «Mini Sun», sympathique embarcation 100% écolo amarrée à Villefranche.

  Et l’initiative est privée : à la barre, Jenny Caird et Gabriel Nakhleh, le tandem dirigeant d’easyboatbooking.com, site de réservation en ligne pour location de bateaux à travers le monde. Le bureau villefranchois, lui, officie entre Menton et Saint-Tropez, avec une nette prédilection pour les petits prix et les services associés. La location directe ? Pas une priorité, mais une opportunité lorsqu’il s’agit de proposer ce Mini Sun venu d’outre-Rhin, avec une philosophie toute personnelle : faciliter l’accès à la mer, avec une politique tarifaire osée, des bateaux sans permis, mais aussi faire un geste fort pour l’environnement. Avec 300 jours d’ensoleillement par an au compteur de la rade de Villefranche, le solaire était une évidence. Encore fallait-il trouver le bateau idéal, petit, maniable, adapté à la navigation en mer, et même à la conduite… à droite: un plus pour les vacanciers britanniques. Avec ses quatre places, ses 4 mètres et sa propulsion à l’unique énergie solaire, le Mini Sun a gagné son ticket pour la Côte d’Azur. Vitesse de croisière : 3 nœuds (6 km/heure). Autonomie : au moins 8 heures, en sachant qu’il se recharge tout en navigant grâce à son panneau photovoltaïque intégré. Ses atouts: un maniement ultra-simple, un bilan carbone neutre, et un silence absolu pour une découverte des côtes en toute sérénité. Sans oublier les tarifs pratiqués : à 20a la demi-heure, il défie la traditionnelle concurrence motorisée tout en s’adjugeant un capital sympathie immédiat.

Sur la photo :

Le premier Mini Sun, distribué en France par Anemoos, vient d’arriver à Villefranche, aux pieds de la chapelle Cocteau. Et se taille d’ores et déjà un beau succès : les touristes se l’arrachent…

 
 

Belle aventure que celle d’easyboatbooking.com : le site, créé en 2009, est en passe de devenir la référence française en matière de location de bateaux à voile, à moteur, et aujourd’hui solaires, avec 300.000 pages vues quotidiennement. Un succès qui en appelle d’autres : comme easybeachbooking.com, premier site de réservations de plages privées, où l’on peut même se payer le luxe de choisir l’emplacement de son transat via son smartphone sur le banc de sable idéal. Et bientôt la déclinaison easydivebooking, tous les spots de plongée à portée de clic. Un intérêt évident pour la grande bleue, que Gabriel Nakhleh, président de la société nourricière Web Compagnie et ancien officier de marine, ne s’est jamais résolu à quitter. «L’idée est partie du constat qu’il était difficile, pour un étranger, ou même un touriste français, de trouver via internet une location de bateau sûre et rapide. Avec nos 300 partenaires entre Menton et Saint-Tropez, tout devient possible, et ça marche plutôt bien, sur des budgets abordables, de 200 à 220€ la journée en moyenne. Il y a sur la Côte d’Azur une véritable clientèle hors pur et onéreux yachting.» Seule entorse à cette vocation virtuelle : Villefranche-sur-Mer, où la société a acheté, faute de partenaire in situ, deux bateaux à moteur, et aujourd’hui le révolutionnaire Mini Sun. «Les marins aiment la mer… Proposer ce bateau, c’est aussi montrer l’exemple, et nous espérons qu’il y aura de plus en plus de solaire pour ce type de navigation de loisirs.»

Et l’accueil de la clientèle a conforté le côté éthique de l’opération : «louer le Mini Sun, c’est faire un choix écologique, mais aussi économique (40€ de l’heure), et s’assurer de passer un bon moment, sans contraintes de pilotage. Ici, pas de roue, pas de barre franche, une simple poignée pour diriger et accélérer. Aucun stress…» Un concept qui a intéressé Benoît Kandel, premier adjoint niçois venu tester le premier bateau solaire azuréen en location libre. Qui intéresse aussi les collectivités locales, qui voit d’un bon œil l’autre idée de l’entreprise : accueillir à Villefranche un navire solaire bien plus imposant (24 mètres), qui pourrait transporter 400 passagers et qui servirait à débarquer les croisiéristes, en affichant clairement la volonté environnementale des lieux.

L’avenir du Mini Sun ? «D’abord, installer des bases tout le long de la Riviera, à l’usage des plagistes par exemple pour assurer les navettes avec les yachts, ou même faire de la publicité le long des côtes.» Et Jenny Caird d’ajouter : «Si son succès se confirme à Villefranche, nous pourrions en acheter d’autres…» La jeune Irlandaise se sent elle-aussi comme un poisson dans l’eau dans cette philosophie entreprenariale centrée sur l’écologie : «même si notre positionnement est clair, et que la réservation en ligne reste notre cœur de métier. L’important c’est de donner l’exemple. Ou tout simplement l’idée…» sur la photo :

Gabriel Nakhleh et Jenny Caird : un tandem franco-irlandais au service de la mer et de ses usagers. Côté pratique, côté éthique aussi...

 
  > Privilege Card French Riviera, c’est eux aussi…

Une carte rassemblant moult réductions sur les boutiques, les loisirs, les restaurants et hôtels azuréens: le principe est connu, mais la version proposée par Gabriel Nakhleh a l’avantage d’offrir des ristournes sur des incontournables (Musée océanographique, villa Kérylos, Bar des Oiseaux…). Délivrée avec son petit guide d’accompagnement, elle permet aussi à l’étranger économe de se repérer et d’organiser son séjour. Certes, on est loin de la location de bateaux, mais grâce à ces singulières excroissances, l’entreprise emploie aujourd’hui 23 personnes sur trois sites français (dont Villefranche et Beaulieu, plus deux bureaux à l’international : celui d’Abu Dhabi vient tout juste d’être inauguré).

 
  > 2011, l’été des paradoxes

Pour Gabriel Nakhleh, il n’y a pas que la météo qui ne tourne plus rond: «Nous avons eu cette année des pics de fréquentation dès le mois de juin, juste après le Grand Prix de F1 et le Festival de Cannes, qui laissaient augurer une saison exceptionnelle. En juillet, les 15 premiers jours ont été chargés, mais les pluies estivales, arrivées en milieu de mois, ont un peu freiné l’activité. Une saison en dents de scie… Et puis, nous commençons à subir la concurrence d’autres destinations : si cette année, les problèmes de l’autre rive de la Méditerranée auraient pu nous apporter de nouveaux estivants, la Croatie a raflé pas mal de clientèle, en particulier les Italiens.» Et internet, outil de travail le la Web Compagnie berlugane, n’y est évidemment pas pour rien…

Isabelle Auzias (Edition du 19 août 2011)