Cagnes sur mer
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Coup de jeune sur le Haut de Cagnes
La première phase des travaux débutera dès septembre, avec la restructuration de la Place du Château.

  Le «Montmartre de la Côte d’Azur» fréquenté au XXe siècle par Renoir, Foujita, Klein, Soutine et même une certaine Brigitte Bardot a perdu son âme bohème. Spéculation oblige, près de 80 % de la population de la bourgade est issue de l’Europe du nord. Un phénomène qui s’accentue par l’absence de stationnements, le manque de commerces de proximité ou la difficulté de circulation, y compris pour les piétons. La municipalité a pris conscience du danger. «Après la valorisation du bord de mer, l’aménagement du quartier du Béal, la rénovation du centre ville, le déblocage de la ZAC Saint-Jean et la reconversion de l’ancienne friche industrielle, nous nous attaquons au cœur historique», énumère le sénateur-maire des lieux, Louis Nègre. Au-delà de la réfection d’espaces publics, le programme englobe un travail sur l’éclairage, le mobilier urbain, dans un quartier dominé par le Château édifié en 1309 par un certain Raynier Grimaldi, coseigneur de Monaco. Et seigneur de Cagnes-sur-Mer.

«Nous commençons en septembre par la place, avec un budget de 1,6 M€, cofinancé par la Communauté urbaine.» Deux concertations publiques ont affiné le projet.

 
 

«Il fallait lui redonner une unité.» Car le Château-musée, l’Espace Solidor et la Maison qui accueille cinq artistes offrent un caractère historique et culturel méritant un environnement qualitatif. Des terrasses amélioreront l’accueil des visiteurs, alors que les habitants bénéficieront d’équipements publics (jeu de boules, jardin d’enfants). «Il faut lui conserver son animation populaire.» L’architecte Vincent Guillermin, spécialiste des villages emblématiques, et la SNC Lavalin ont planché sur les aménagements, la ligne de mobilier urbain et l’éclairage. L’architecte réintègre une fontaine et démolit une partie du mur du jardin de la galerie Solidor, ouvrant ainsi la place sur cet espace vert. L’imposant escalier de 1947 sera repositionné au centre. Il sera reconstruit en deux sections, pour réduire la pente d’accès et permettra de se rendre au jardin d’enfants. Les pavés laisseront place à des dalles de pierre calcaire similaires à celles datant du Moyen-Age dans la montée de la Bourgade. La teinte sera coquille d’œuf, couleur dominante du Haut-de-Cagnes. «Et je ne veux plus voir une seule voiture sur la place.» Toutefois, Louis Nègre précise qu’une étude prévoit un parking à l’emplacement du vieux cimetière, sous le monument aux Morts. Une fois la place livrée à l’été 2012, une seconde phase de travaux pourra débuter : «nous reprendrons l’aménagement des rues en calade (pavement en pierre ou galet). Pas question que le Haut de Cagnes devienne un village musée ou de galeries, comme ailleurs… On ne veut pas de maisons occupées quelques mois dans l’année par leurs propriétaires étrangers.» Une fois rénové, le Haut de Cagnes tentera de retrouver sa vocation d’accueil d’artistes et d’évènements culturels. «C’est déjà le cas l’été, avec les soirées jazz tous les vendredis, qui obtiennent un franc succès populaire». Michel Bovas (édition du 19 août 2011)